Les universités de Cambridge, Amsterdam, Paris Ouest – Nanterre La Défense et le CNRS s’associent pour une étude «Familles-PMA». Menée en France par Martine Gross, sociologue, ingénieure de recherche en sciences sociales et auteure de plusieurs ouvrages sur l’homoparentalité, et Olivier Vecho, maître de conférence en psychologie, aux Pays-Bas par Henny Bos et au Royaume-Uni par Susan Golombok et Michael Lamb, elle s’intéresse aux familles homoparentales et hétéroparentales ayant recours aux techniques de la PMA et de la GPA. Cette étude, pour laquelle les chercheurs/euses cherchent des participant-e-s, vise à accroître les connaissances sur le développement de l’enfant et sur les relations familiales dans ces familles, mais aussi à élargir la compréhension du grand public et des professionnels de la santé, de l’enfance et de la famille sur les questions de PMA. La recherche permettra enfin d’apporter des éléments scientifiques pour l’élaboration des politiques familiales.

OBSERVATIONS DE LA VIE QUOTIDIENNE DES FAMILLES
«Nous cherchons trois types de familles, explique à Yagg Olivier Vecho. Des couples de lesbiennes avec un projet de PMA, des couples gays avec un projet de GPA, et des couples hétérosexuels avec un projet de GPA. L’enfant doit être né après le 1er février 2013 ou ne pas être encore né, et il doit impérativement être le premier enfant du couple».

L’étude se poursuivra à différentes étapes de la petite enfance: «Nous souhaitons comprendre les interactions entre enfants et parents dans un premier temps (aux quatre mois de l’enfant) au domicile de la famille dans des situations de vie quotidienne (un repas de l’enfant, un change, un moment de jeu), puis dans un second temps (aux 12 mois de l’enfant) dans une situation dite «contrôlée», c’est-à-dire identique pour tous les enfants, et dans un environnement qui ne lui est pas familier», résume le chercheur.

Les méthodes utilisées tiennent compte du besoin d’avoir recours à des observations directes des familles. Selon Olivier Vecho, il est nécessaire d’utiliser plusieurs manières de collecter des données auprès des familles: «Une des critiques formulées à l’égard des études sur le développement des enfants de familles homoparentales est que le recueil des données serait essentiellement indirect, autrement dit, on demande uniquement à des parents de remplir des questionnaires concernant leurs enfants. Ceci est inexact, puisque plus des deux tiers des études reposent sur la contribution directe des enfants. Mais il est vrai que la méthodologie ne permet pas toujours de saisir au plus près l’expérience quotidienne des familles et le développement social de l’enfant.»

L’INFLUENCE DE LA PMA ET DE LA GPA SUR LE PROJET PARENTAL
Les différences de législation quant à la PMA et la GPA entre la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ne constituent visiblement pas un obstacle au bon déroulement de l’étude, mais représentent au contraire un intérêt pour les données recueillies: «La différence de contexte légal et social entre ces trois pays n’est probablement pas sans effet sur la façon dont les couples élaborent leur projet de parentalité et dont les familles évoluent par la suite. C’est justement l’une des questions posées par cette recherche. Les études sur le développement des enfants nés par PMA ou GPA existent mais sont moins représentées en Europe qu’en Amérique du Nord, surtout celles sur les familles homoparentales. Au-delà des aspects organisationnels facilités par la proximité géographique du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la France, il s’agissait d’unir les forces et l’expérience de chercheurs qui travaillent sur ces questions depuis longtemps dans leurs pays respectifs.»

COMPRENDRE L’EXPÉRIENCE PROPRE À CHAQUE TYPE DE FAMILLE
Au regard des critères de sélection des familles, il est clair que cette étude porte sur les différentes formes de parentalité et met sur un même niveau les familles hétéroparentales et homoparentales: «Nous nous intéressons effectivement aux différentes configurations familiales homo- et hétéro-parentales, confirme Olivier Vecho. Notre étude vise à comprendre l’expérience propre à chaque type de famille, mais aussi à les mettre en regard les unes des autres. Elle pose la question de la place de chaque parent auprès de l’enfant, dont certains auront des parents de sexe opposé, alors que d’autres seront dans une configuration moins courante avec deux parents de même sexe. Au-delà d’élargir les connaissances sur le développement des enfants dans ces situations, ainsi que la compréhension du grand public et des professionnels de la santé, de l’enfance et de la famille sur ces questions, cette étude vise à apporter des éléments scientifiques pour l’élaboration des politiques familiales qui sont en débat dans plusieurs pays européens.» L’étude sera conduite jusqu’à fin 2015.

Pour contacter et/ou participer à l’étude Familles-PMA.