À la veille du vote de la loi sur le mariage pour tous, la séance du Conseil de Paris du lundi 22 avril a été l’occasion pour deux élus de dénoncer l’homophobie et de demander au préfet de police, Bernard Boucault, les mesures qu’il comptait prendre. Celui-ci a notamment annoncé un renforcement de la présence policière dans les quartiers fréquentés par des LGBT.

Tout a commencé par l’intervention de Ian Brossat, président du Groupe PCF/Front de Gauche. Soulignant que le couple Wilfred et Olivier, agressés en plein Paris la semaine dernière, étaient présents dans l’assistance, Ian Brossat a pointé la responsabilité des politiques et de l’UMP en particulier dans ce climat:

«Qui peut imaginer que lorsque des paroles ont été prononcées, cela n’a aucune conséquence sur ce que font des hommes et des femmes y compris des collégiens pour lesquels on instille une petite musique qui est particulièrement grave.»

De son côté, l’élu Jacques Boutault, du groupe EELV s’en est pris aux parlementaires de droite:

«Ces derniers temps, le débat parlementaire s’est durci, la radicalisation du discours de certains députés UMP se rapprochant dangereusement de celui de l’extrême-droite […] sont de nature à justifier le passage à l’acte d’une minorité fanatisée. L’UMP, par son attitude et sa complaisance, porte une lourde responsabilité.»

Avant de donner la parole au préfet de police, Bertrand Delanoë a tenu à rappeler qu’il était présent la veille au rassemblement contre l’homophobie organisé par Act Up-Paris à la Bastille.

Le préfet de police, Bernard Boucault, après avoir rappelé que le droit de manifester s’exerce pleinement annoncé les mesures prises pour lutter contre l’homophobie.

«J’ai donné des instructions […] pour que les commissaires soient particulièrement vigilants dans les quartiers les plus concernés de la capitale. Ces instructions se traduisent par une présence policière renforcée aux lieux et aux heures de forte affluence.»

Le préfet a également évoqué « des prises de contact avec des responsables d’établissements ou des structures connues pour accueillir un nombre important de personnes homosexuelles ». De plus, les services de renseignements surveillent attentivement les réseaux sociaux.

Il a conclu par ces mots:

«En assurant les élus de ce Conseil de ma détermination à assurer le respect de la loi de la République, partout sur le territoire de la capitale, qu’il s’agisse du droit constitutionnel de manifester ou de celui de vivre et d’exprimer publiquement librement et sans aucune crainte partout et en tous lieux son orientation sexuelle.»

Cette intervention a été saluée par Bertrand Delanoë, qui a fait remarquer qu’elle avait été applaudie sur tous les bancs – y compris ceux de l’opposition, mais aussi par Claude Goasguen,maire UMP du XVIè arrondissement, pourtant très opposé au mariage pour tous.