La pédagogie par la répétition. «Cette loi n’enlèvera rien à personne mais donnera à tous, les mêmes droits et les mêmes devoirs», lance d’emblée Dominique Bertinotti, mercredi 17 avril, dans son discours d’introduction de l’examen en deuxième lecture du projet de loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de personnes de même sexe.

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«Faut-il le répéter, ce choix de l’égalité, 13 pays l’ont déjà fait avant nous. D’autres le feront après nous. Ils le feront ce choix, car nos démocraties ne sont jamais aussi fortes et confiantes dans leur avenir que lorsqu’elles s’adressent à tous leurs concitoyens, à tous leurs enfants, à toutes leurs familles. Elles s’élèvent quand elles portent une vision généreuse de la famille, une vision qui inclut et non qui exclut.»

Le verbe de Dominique Bertinotti est percutant de simplicité: «L’homosexualité n’est ni de gauche ni de droite, ni de la ville ni de la campagne, ni d’une classe sociale pauvre, ni d’une classe sociale aisée, ni bobo, ni marginale. C’est tout simplement une orientation sexuelle, que 90% de nos concitoyens estiment être une façon comme une autre de vivre sa sexualité. C’est un fait et pas un choix. Comment ne pas vouloir l’égalité? Que l’on soit homme ou que l’on soit femme, que l’on soit blanc ou que l’on soit noir, que l’on soit homosexuel ou hétérosexuel, ce sont des différences qui ne justifient en rien la moindre inégalité. Et à l’équité qui se contente de réduire les inégalités et bien oui, nous nous préférons l’égalité qui vise à les supprimer».

Dominique Bertinotti, qui portera la future loi sur la famille, parle une nouvelle fois de «toutes les familles»: «il n’est plus possible de rester indifférent à la révolution silencieuse des familles qui a eu lieu, il n’est plus possible de revendiquer un idéal de famille qui n’existe déjà plus. A-t-il d’ailleurs jamais existé?»

Le texte intégral du discours de la ministre (avant son intervention) sur son blog.

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