[Mise à jour, 12h22] Ajout de la réaction de Najat Vallaud-Belkacem.

Gros dérapage ce matin à l’Assemblée Nationale. Le député UMP Philippe Cochet s’en est violemment pris aux partisans du mariage pour tous, qu’il a accusés d’ « assassiner des enfants » (Voir la vidéo sur le site de LCP) . Après avoir affirmé avoir « la nausée » le député a lancé cette tirade:

« Voyez-vous, il y a un être qui ne peut pas s’exprimer dans cet hémicycle, un être qui s’appelle un enfant. Ce que vous êtes en train de faire est proprement ignominieux. Vous ne savez pas que nous sommes là pour défendre le plus faible. Ce que vous faites ici est une brèche qui ne se refermera pas si ce texte passe. Nous devons toujours avoir en tête la défense du plus faible. Moi je vous accuse mesdames et messieurs de la gauche: Vous êtes en train de créer un précédent, vous êtes en train d’assassiner des enfants, c’est scandaleux! Je n’ai pas peur de ce terme! »

Tollé sur les bancs de la gauche. Le président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone, a immédiatement suspendu la séance. S’exprimant lors de la reprise, le député PS Olivier Dussopt a estimé qu’il y avait des « mots plus dangereux que les armes ». Philippe Cochet a repris la parole pour préciser que « le terme n’était pas approprié », mais a considéré dans la foulée que le texte allait  « briser la vie des enfants ». Sergio Coronado (EELV), puis Bernard Roman (PS) se sont succédés pour condamner les propos du député UMP. Hervé Mariton, pour l’UMP, a tenté de tempérer les choses, en affirmant, gêné, que « certains mots dépassent la pensée ».

Enfin Claude Bartolone a repris solennellement la parole. Avec une pointe d’émotion, il a rappelé les député-e-s à leur responsabilité d’élu-e-s de la République. « En essayant de nous blesser les uns les autres, c’est la République que nous risquons de blesser », a-t-il lancé aux député-e-s avant de clore l’incident.

Ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem a condamné ferment les propos de Philippe Cochet:

De tous les propos outranciers qui ont été tenus dans les deux hémicycles depuis le début des débats, il semble que ceux du député Cochet resteront comme les plus violents.

 

Photo: Capture d’écran, Questions au gouvernement du 26 mars 2013