André Vingt-Trois ne compte pas partir discrètement. Il prononçait hier, mardi 16 avril, son dernier discours en tant que président de la Conférence des évêques – son successeur est Georges Pontier, archevêque de Marseille – et en a profité pour appeler les chrétien-ne-s à maintenir leur opposition à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels et à l’«invasion organisée et militante de la théorie du genre». «C’est ainsi que se prépare une société de violence», a affirmé le prélat.

«L’impuissance à accepter un certain nombre de différences dans la vie sociale aboutit à la cristallisation de revendications catégorielles de petits groupes, ou de sous-ensemble identitaires, qui pensent ne pouvoir se faire reconnaître que par la violence.»

Et d’attaquer le gouvernement, accusé d’avoir tout «mis en œuvre pour éviter le débat public, y compris dans le processus parlementaire»: «Passer en force peut simplifier la vie un moment. Cela ne résout aucun des problèmes réels qu’il faudra affronter de toute façon. Pour éviter de paralyser la vie politique dans un moment où s’imposent de graves décisions économiques et sociales, il eût été plus raisonnable et plus simple de ne pas mettre ce processus en route».

L’archevêque de Paris a également apporté son soutien aux opposant-e-s au projet de loi: «La mobilisation impressionnante de nos concitoyens contre le projet de loi autorisant le mariage des personnes de même sexe a été un bel exemple de l’écho que notre point de vue pouvait avoir dans les préoccupations de tous. Au-delà des sondages prédigérés, l’expression des préoccupations profondes rencontre une inquiétude réelle sur l’avenir qui se prépare. Réduire ces manifestations à une manie confessionnelle rétrograde et homophobe ne correspond évidemment pas à ce que tout le monde a pu constater».

Cette prise de position fait d’ailleurs dire au Figaro, qui y voit une «sortie très politique», qu’«alors que le président des évêques aurait pu lancer un appel au calme face à la crispation et au ton des manifestants anti-mariage pour tous, il les a encouragés à ne pas baisser les bras et à pratiquer une sorte d’objection de conscience».

Les déclarations de l’Église catholique sur l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, exprimées notamment par André Vingt-Trois, font fortement écho à son attitude sur le divorce, comme le montre cette émission, Tribune libre, diffusée sur FR3 (depuis rebaptisée France 3) le 12 mars 1975 (via Maitre Eolas). Ou quand les raisons de ne pas permettre le mariage sont les mêmes que pour ne pas permettre le divorce.

«Il porte gravement atteinte à la famille, qui est la cellule de base de la société, entend-on vers 3’15. (…) Porter atteinte à la famille, c’est finalement provoquer dans la société une scission très grave.»

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