«Si la liberté de manifester est un droit constitutionnel, elle doit s’exercer dans le respect d’un certain nombre de conditions prévues par le législateur que la préfecture de police est chargée de faire respecter à Paris.» Dans un communiqué publié hier, lundi 15 avril, en toute fin d’après-midi, la préfecture de police de Paris «appelle les dirigeants du collectif “La Manif pour tous” à la responsabilité».

PLUS DE 200 INTERPELLATIONS
«Ces trois derniers jours, plusieurs initiatives d’opposants au projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, se réclamant pour un certain nombre d’entre eux de “la Manif pour tous”, ont engendré des troubles à l’ordre public dans la capitale», souligne le communiqué, qui liste ensuite ces troubles:

«Outre que ces personnes ont tenté à 5 reprises de se rassembler et de manifester sans déclaration préalable, en violation de la loi (article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure), elles ont à chaque fois refusé d’obtempérer aux appels à la dispersion formulés par les forces de l’ordre, certains manifestants n’hésitant pas à faire usage de violence ou de provocation à leur encontre.

Des déambulations sur la voie publique de petits groupes, sans parcours défini, ont par ailleurs entraîné d’importantes perturbations à la circulation sur des grands axes de la capitale. Ces initiatives présentent un risque pour les participants eux-mêmes et des accidents de la circulation ont été évités de justesse.

Au total, depuis vendredi 12 avril au soir, 201 personnes ont été interpellées suite à leur participation à l’un de ces rassemblements. 68 ont été placées en garde à vue.»

La préfecture conclut en sonnant la fin de la récré, qui indique: «En application de la loi, si d’éventuelles nouvelles actions de ce type devaient avoir lieu, organisateurs et participants s’exposeraient à être interpellés et éventuellement à faire l’objet de sanctions pénales».

«IL N’Y A PAS DE PLACE POUR L’INTOLÉRANCE DANS NOTRE DÉMOCRATIE»
De son côté, invité de Jean-Michel Aphatie ce matin sur RTL, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a dénoncé une «radicalisation», et une tentative de «groupuscules» de «déstabiliser la République»: «Pour ceux-là, la réponse sera ferme» (à partir de 5′):

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«Quand vous avez des groupes identitaires, d’extrême droite, à Paris ou à Lyon, qui s’en prennent aux institutions, qui ne veulent pas que les ministres aujourd’hui puissent assister à un certain nombre de manifestations, qui attendent une journaliste, en l’occurrence Caroline Fourest, gare Montparnasse, en levant le bras, en faisant un signe nazi, oui, il y a effectivement ces groupes qui cherchent à déstabiliser la République. Cela est intolérable et nous ne tolérons pas la moindre intimidation ou le moindre coup de force.»

Le ministre de l’Intérieur a également évoqué les actions qui ont visé des parlementaires de droite, en particulier Chantal Jouanno (UDI) et Alain Milon (UMP), l’une ayant voté le texte au Sénat, l’autre s’étant abstenu parce qu’en désaccord avec l’article sur l’adoption plénière (voir Témoignages de sénateurs/trices de droite qui ont voté le mariage pour tous).

«L’idée de venir manifester sous les fenêtres des domiciles de ministres ou d’un certain nombre de personnalités, de s’attaquer aux parlementaires, notamment de droite, qui, à l’Assemblée ou au Sénat, ont voté pour ce texte, de menacer les enfants de ces parlementaires, c’est intolérable, ça n’est pas ça, la démocratie. (…) Il n’y a pas de place pour l’intolérance dans notre démocratie.»

Un reportage d’i>Télé:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur 67 anti-mariage pour tous en garde à vue après une action près de l’Assemblée

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