Paris et Amiens sont les deux villes parmi les 50 plus grandes de France qui luttent le mieux contre l’homophobie selon l’Idahomètre, une enquête réalisée tout au long de l’année 2012 par le Projet mené par République & Diversité en partenariat avec le Comité Idaho France. La dernière place revient à Courbevoie. Retrouvez les détails et le classement ici.

Pourquoi une telle enquête? «Le Comité Idaho France estime qu’il faut mener une bataille internationale et nationale contre l’homophobie, mais aussi à une échelle locale», explique Louis-Georges Tin, président de République et Diversité et du Comité Idaho France.

«Nous voulons évaluer l’action des grandes villes de France contre l’homophobie et inciter les municipalités à améliorer leur action dans ce domaine. Nous vivons en ce moment le débat sur l’ouverture du mariage. C’est important, mais il ne faut pas oublier les batailles au niveau local, les batailles de tous les jours car on ne se marie pas tous les jours, en revanche, l’homophobie existe tous les jours».

Pour établir le classement, le Comité a mis au point un questionnaire avec une partie sur la politique des villes en matière de lutte contre les discriminations et sur leurs politiques publiques dans l’éducation, la culture, la santé, la prévention, l’action sociale: «Nous demandions, par exemple, si la ville avait mis en place le pacs en mairie, ou facilitait l’accueil des trans’ dans les services d’état civil, ou sur la mise en place ou non de formations sur les questions LGBT…».

UNE ENQUÊTE DE TERRAIN
L’enquête a non seulement analysée sur les réponses des villes, mais aussi des informations transmises par les associations locales et des enquêtes sur le terrain et encore la récolte d’informations sur internet. Les résultats ont ensuite été soumis à un jury composé de Louis-Georges Tin, l’avocate Caroline Mécary, l’ancienne ministre Roselyne Bachelot, Nicolas Noguier, fondateur et président du Refuge, l’historienne Florence Tamagne, l’écrivain et journaliste Frédéric Martel.

Certaines villes ont joué le jeu, d’autres non: «Celles qui ne nous ont pas répondu, nous les avons relancées à plusieurs reprises. S’il n’y avait pas de réponse, nous leur proposions notre bilan en leur demandant si elles étaient d’accord avec ce que nous avions constaté».

UN CONSTAT PRÉOCCUPANT
Le constat est assez préoccupant: quatre villes seulement ont la moyenne, près de 30 villes ont une note inférieure à 10/100 et près de 10 ont une note nulle, voire négative. «On pourrait croire que les villes de gauche sont plus mobilisées que celles de droite dans la lutte contre l’homophobie, indique République & Libertés. Ce n’est pas faux. Il est clair que le clivage gauche-droite joue un rôle important. Cependant, parmi les dix premières villes du classement, figure Nancy, en troisième position, ville dont le maire, André Rossinot, est membre de l’UMP. Et parmi les dix villes les plus médiocres figure Dunkerque, dont le maire, Michel Delebarre, est issu du Parti socialiste. Il n’y a donc pas de fatalité».

L’étude, qui devrait être renouvelée tous les deux ans, est aussi voulue comme un éclairage pour les maires: «Nous pensons que certaines villes ne mesurent pas l’état de leurs lacunes et que des gens peuvent être interpellés, ou qu’il y ait une émulation entre deux villes voisines, par exemple».

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