couvrougetagadaJe ne sais pas ce qui se passe en ce moment, mais à en croire nos chroniques récentes, les lesbiennes envahissent la BD. Et ce n’est pas trop tôt !

Le très beau Rouge Tagada, publié par les éditions Gulf Stream, conte les premières amours de la jeune Alex, collégienne qui tombe en arrêt devant Layla, une nouvelle élève, le jour de la rentrée.

Écrit à la première personne, cet album émouvant suit le cheminement d’Alex, qui avec un ton entre lyrisme et réalisme décrit par le menu son amitié avec Layla, leur complicité d’ados, son envie de bien plus.

Le texte de Charlotte Bousquet et les dessins de Stéphanie Rubini nous font plonger dans le quotidien d’une ado de maintenant, partagé entre amis, cours et famille — même si la famille est plutôt laissée de côté. Une impression de juste observation des journées d’une collégienne se dégage du travail des deux collaboratrices, que confirme la note de remerciements à l’équipe d’un collège lillois.

Mais ce sont bien sûr les relations entre Alex et Layla qui sont au centre de l’album. Car si Alex est amoureuse de Layla, les sentiments de celle-ci sont-ils réciproques ? Bousquet et Rubini évitent sans effort apparent l’écueil du mélodrame ou du misérabilisme, les couleurs chaudes de l’illustratrice répondant au style sans affèterie de l’écrivaine.

Rouge Tagada (il serait dommage de révéler la raison du choix de ce titre) est un album à mettre entre toutes les mains, en particulier celles des ados, filles et garçons. Ce n’est pas tous les jours qu’un album aussi joliment produit (car l’éditeur a fait un aussi beau travail que les auteures) aborde le thème des amours d’une jeune lesbienne, et l’on ne peut qu’espérer voir Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini nous proposer de nouveaux projets aussi aboutis.

À noter que les deux auteures ont déjà signé une première collaboration chez le même éditeur, un abécédaire intitulé Précieuses, pas ridicules, à propos de la place des femmes dans l’histoire et la culture.

François Peneaud

partenariat LGBTBD