Plusieurs discours ont servi de préambule à ces débats autour du texte de loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption pour tous les couples. Pour voir en intégralité chaque intervention, cliquez sur la photo.

CHRISTIANE TAUBIRA
Fidèle à ses habitudes et pour notre plus grand plaisir, c’est sans notes que la ministre de la Justice Christiane Taubira a ouvert les débats sur le projet de loi pour l’ouverture du mariage et de l’adoption au Sénat hier après-midi. «Ce n’est pourtant pas pour entrer dans un club hypothétique de pays audacieux dont les législations ont d’ailleurs des effets divers, que nous vous présentons ce projet de loi, a-t-elle expliqué posément aux sénateurs-trices après avoir cité la liste des pays ayant déjà voté la législation du mariage pour tous. C’est justement au regard de l’histoire de la République française et de ses valeurs, la liberté et l’égalité, c’est au regard de son évolution propre, de l’empreinte laissée sur ses institutions par les débats, les combats, les progrès juridiques et sociétaux que nous vous soumettons ce projet de loi.»

Un discours teinté de rappels: l’absence de la PMA dans le projet de loi, mais aussi celle de la GPA, qui avait pourtant affolé au plus haut point les député-e-s de l’opposition pendant les débats à l’Assemblée Nationale. Sans doute parce qu’elle a répété encore et encore les mêmes arguments face aux opposants du projet de loi, mais la ministre a parfois confondu les mots hétérosexuel et homosexuel. De simples lapsus ou peut-être déjà une manière de mettre sur un pied d’égalité toutes les familles, quelle que soit leur définition.

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DOMINIQUE BERTINOTTI
La ministre chargée de la famille, Dominique Bertinotti, a commencé son discours d’ouverture en s’adressant à tou-te-s les sénateurs et sénatrices qui ont par le passé oeuvré pour l’égalité: «Vous êtes nombreux, et sur tous les bancs, à vous être engagés vers une meilleure reconnaissance de la diversité des familles et je souhaitais déjà vous remercier pour cette action passée.» Pour Dominique Bertinotti, cette loi s’inscrit dans la lignée d’une longue succession de progrès sociétaux qui a fait émerger la diversité des modèles familiaux que nous connaissons aujourd’hui: «Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, amour, conjugalité, sexualité et procréation sont dissociés et peuvent être composés et associés de multiples façons, c’est comme cela que procèdent aujourd’hui nos concitoyens.»

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JEAN-PIERRE MICHEL
Jean-Pierre Michel est le rapporteur du projet de loi au Sénat. Pour l’ouverture de ce débat, le sénateur PS n’a pas manqué de contrecarrer un des sempiternels arguments de l’opposition au mariage pour tous qui défend un aménagement du pacs, ou la création d’une union civile plutôt que l’ouverture du mariage à tous les couples: «Un statut à part cantonnerait les couples homosexuels à une place à part dans notre société qui ne correspond pas aux fondements de l’universalisme républicain.»

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MICHELLE MEUNIER
Dans ce débat, la sénatrice Michelle Meunier occupe la fonction de rapporteure pour avis de la commission des affaires sociales. «A notre manière, nous entrons dans l’histoire de France» déclare-t-elle en introduction de son discours sous quelques huées provenant des bancs de l’opposition. Allant dans le sens du rapporteur Jean-Pierre Michel, elle rappelle l’inconstitutionnalité d’une union réservée aux couples de même sexe, mais souligne aussi que l’actuel projet de loi servira par ailleurs à lutter contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle: «Nous connaissons la force du droit sur l’évolution des normes sociales, le pacs avait déjà ouvert cette voie il y a quinze ans. Aujourd’hui, en garantissant aux couples homosexuels des droits identiques aux couples hétérosexuels, l’homosexualité devient une orientation sexuelle possible, et non plus anormale, déviante, ou dramatique.»

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JEAN-PIERRE SUEUR
Le président de la commission des lois Jean-Pierre Sueur a clôturé ces discours d’ouverture des débats. Rappelant que pendant plusieurs siècles, l’homosexualité a été un péché, un crime et une honte, le sénateur constate que c’est aujourd’hui la fierté qui porte la revendication du mariage et de l’adoption pour tous les couples. «Cette volonté d’une reconnaissance va de paire avec l’égalité des droits, a-t-il insisté. Toutes les personnes homosexuelles de ce pays ne veulent pas se marier, mais elles veulent que ce droit soit ouvert comme pour l’ensemble de leurs concitoyens.» Le sénateur s’étonne aussi que les opposant-e-s de cette loi «de respect, de reconnaissance et d’égalité» sont les mêmes que ceux et celles qui s’étaient opposé-e-s au pacs en 1999: «Bienheureux pacs! Et maintenant vous le soutenez! Et moi je mesure l’évolution qui a eu lieu en une décennie!»

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Retrouvez le Yaggolive en direct des débats en séance publique au Sénat sur le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.