La conférence sur les discriminations et les violences à l’encontre des personnes LGBT en Europe, qui s’est tenue à Paris le 26 mars, a vu les participant-e-s discuter d’une éventuelle résolution à l’ONU sur la dépénalisation universelle de l’homosexualité, de violence et d’éducation, mais aussi des droits des trans’ et d’identité de genre. Cette question a été approfondie lors d’un atelier de l’après-midi consacré aux questions relatives aux libertés des citoyen-ne-s.

DROITS DES TRANS’
Cette réunion a été enrichie par les contributions de Daniel Borrillo qui a contribué à la rédaction de la loi argentine permettant aux trans’ de ce pays de changer librement de genre sans intervention médicale ou juridique. Pour Laura Leprince, qui représentait Id Trans’ et l’Inter-LGBT, cet atelier a été une réussite en ce qu’il a permis un échange constructif et enrichissant sur les expériences des trans’ dans différents pays du continent. Les retombées politiques concrètes se font cependant attendre.

Si les revendications tendent désormais à converger, les situations ne sont pas les mêmes selon les pays. J. Vreer Verkerke de Transgender Europe a ainsi pointé du doigt la France, qui fait partie des plus mauvais élèves en matière de droit des trans’. La ministre suédoise des Affaires européennes Brigitta Ohlsson a de son côté déploré la lenteur de son pays à accorder une reconnaissance pleine et entière à cette population. Elle assure toutefois que la Suède évolue et que la stérilisation des trans’ ne sera bientôt plus requise par la loi.

IDENTITÉ DE GENRE
Encore absente du droit français, la notion d’«identité de genre» pourrait faire son apparition dans la législation, estime Christine Lazerges de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH). D’après elle, le Parlement n’était pas encore prêt à aller aussi loin l’été dernier lors du vote de la loi sur le harcèlement sexuel et s’est donc contenté de parler d’«identité sexuelle», au grand dam des associations de défense des droits des personnes LGBT. Aborder la question de l’identité de genre a permis de mettre en lumière la situation des personnes intersexuées, rarement évoquées. Pour Evelyne Paradis, directrice d’ILGA-Europe, le mouvement pour faire respecter les droits de ces citoyen-ne-s est encore en cours de consolidation.

Si vous ne parvenez pas à voir la vidéo, cliquez sur Conférence sur les droits des LGBT en Europe: trans’ et identité de genre

Voir aussi nos précédentes vidéos:
Conférence sur les droits des LGBT (1/3): l’Europe veut s’engager contre les discriminations
Conférence sur les droits des LGBT en Europe (2/3): éduquer pour éradiquer la violence

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