La décision est historique. Mercredi 20 mars, la Cour de la province de Kostroma a décrété que les interdictions qui pesaient sur plusieurs gay prides dans cette province où la loi anti-gay est appliquée, n’étaient pas légales. La Cour n’a finalement pas considéré ces manifestations comme de la «propagande homosexuelle». La décision du tribunal ayant pris effet, les militant-e-s ont d’ores et déjà prévu de se rassembler avant le 26 mars. Interviewé par GayStarNews, le militant de GayRussia Nikolai Alekseev s’est réjoui de cette décision de justice: «C’est important, nous obtenons de plus en plus de décisions en notre faveur à l’échelle internationale et c’est notre deuxième affaire en Russie, la première étant une décision contre l’interdiction de la pride dans la ville de Khimki, près de Moscou. Progressivement, la pression internationale et locale porte ses fruits.»

Le 7 mars dernier, les Etats membres du Conseil de l’Europe ont rappelé au gouvernement russe ses devoirs en matière de droits humains au regard de l’application de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Les législateurs visaient tout particulièrement les lois homophobes passées en vigueur dans quatre provinces russes, dont Saint-Pétersbourg en 2012, interdisant toute manifestation publique visant à «promouvoir» l’homosexualité. Ces prohibitions ne sont pas en accord avec l’article 11 qui garantit le droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association. Les député-e-s ont exprimé «leurs vives préoccupations quant aux travaux législatifs en cours visant à consacrer également au niveau fédéral l’interdiction de la « promotion de l’homosexualité »». Le gouvernement russe est donc appelé à se conformer à la Cour Européenne des Droits de l’Homme.