Procréation médicalement assistée (PMA), gestation pour autrui (GPA), un sondage Ifop réalisé du 27 février au 1er mars pour le magazine Femme Actuelle sur un échantillon de 1190 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, indique que les Français-es sont divisé-e-s sur ces questions, et encore plus lorsqu’elles concernent des couples de personnes de même genre. «Première enquête réalisée après le vote [en première lecture à l’Assemblée nationale, ndlr] de la loi sur “le mariage pour tous”, cette étude montre que les positions des Français sur des sujets de société comme la PMA ou la GPA se sont raidies suite au débat public sur l’élargissement des droits des couples homosexuels, souligne l’Institut dans la présentation sur son site internet. Certes, sur le long terme, la tendance est bien à une acceptation croissante du principe d’homoparentalité et d’une évolution de la loi sur les questions de filiation, d’adoption ou d’accès aux origines personnelles. Mais l’avis des Français sur ces sujets est souvent plus partagé qu’avant l’ouverture du débat sur “le mariage pour tous”, les critiques à l’égard de ces évolutions ayant eu une certaine portée, y compris chez les personnes plutôt ouvertes sur le principe à une modification de la législation».

PMA: PAS DE CHANGEMENT
Ils et elles sont 81% à estimer que des couples hétérosexuels doivent pouvoir «profiter des techniques de procréation artificielle avec un donneur extérieur du couple» et 57% quand il s’agit des femmes célibataires. Le ratio tombe à 51% pour des couples de lesbiennes. C’est le même pourcentage qu’en octobre dernier, avant l’ouverture des débats au Parlement (lire Sondage: 51% des Français-es favorables à la PMA pour les couples lesbiens). L’Ifop livre, en comparaison, des chiffres d’une étude de la maison en 1990: alors, seulement 24% des sondé-e-s étaient favorables dans le cas de couples de femmes.

Et pour les sondés homos? 73% des homosexuels ou bis estiment que les couples de femmes homosexuelles doivent profiter des techniques de procréation artificielle. Elles sont 69% des homosexuelles ou bis à penser la même chose.

Notons qu’une question plus générale «pour ou contre» la PMA ne figure pas dans l’étude. Une façon de suggérer que la PMA est déjà rentrée dans les mœurs?

UNE PETITE MAJORITÉ FAVORABLE À LA GPA
Si 68% des hommes gays ou bis et 69% des femmes lesbiennes ou bis sont favorables à la GPA, la proportion est plus faible au sein de la population générale: 51% des Français-es sont pour l’autorisation de la GPA en France, un chiffre en baisse de 10 points par rapport à une étude Ipsos de 2008.

En février, deux sondages donnaient des chiffres moins positifs. Le premier, réalisé par BVA pour l’émission CQFD d’i>Télé, comptait 59% de sondé-e-s très ou plutôt opposé-e-s à la GPA. Selon le second, réalisé par YouGov pour Le HuffPost, 47% des Français-es étaient favorables à la légalisation de la GPA pour les couples hétéros et 33% pour les couples homos.

Mais qui la GPA devrait-elle concerner? Parmi les personnes favorables à la gestation pour autrui, 97% sont pour qu’elle s’applique aux couples hétérosexuels (ils étaient 87% en 2008). La proportion est en forte hausse pour les couples homosexuels – 72% contre 55% il y a cinq ans – comme pour les personnes célibataires – 71% contre 62% il y a cinq ans.

Sur l’homoparentalité, les opinions sont divisées quasiment à parts égales: 56% contre 44% pensent qu’un enfant peut «s’épanouir de la même manière dans une famille avec deux mères que dans une famille avec un père et une mère». Ils et elles sont 52% contre 48% quand la même question est posée sur un foyer avec deux pères. L’Ifop y voit «une acceptation croissante du principe d’homoparentalité».

Enfin, 74% des Français-es sont favorables à la création d’un véritable statut du beau-parent, un chiffre en hausse par rapport à 2008.

Lire l’étude en intégralité.

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