Remettre les choses à leur place. Dans un entretien publié sur le blog «Mon petit droit m’a dit», de Laurence Neuer sur le site du Point, Caroline Mécary répond à une lettre ouverte signée par 170 enseignants en droit, adressée aux sénateurs et aux sénatrices à la veille de l’examen, au Sénat, du projet de loi sur l’ouverture du mariage et l’adoption aux couples de personnes de même genre.

«Cette mobilisation massive de juristes ne me surprend pas. Les facultés de droit sont des lieux de conservatisme puissants. L’histoire se gaussera de ces juristes. Quoi qu’il en soit, il est juridiquement faux de dire que le texte engendre de l’insécurité juridique ou qu’il conduit à des inégalités de traitement entre les enfants. C’est exactement le contraire».

Pour Caroline Mécary qui a récemment publié L’Amour et la loi (Alma éditeur), «avoir deux parents de sexe différent ou de même sexe n’est pas une question de droit, c’est un fait. Il n’y a aucune règle de droit qui oblige les enfants à avoir deux parents et qui dit que ces deux parents doivent être de sexe différent. Et mon expérience professionnelle me conduit à dire que, lorsqu’un couple hétéro ou homo veut un enfant, il est prêt à combattre toutes les difficultés.»

«Hors du droit, le concept d’égalité n’existe pas. Il suffit de voir comment toute société est traversée par de multiples différences comme le sexe, la couleur de peau, l’âge, l’orientation sexuelle et tant d’autres: l’existence de ces différences n’empêche pas que les citoyens aient les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ce n’est qu’“en droits” que les êtres humains sont libres et égaux, dit très justement la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.»

Et l’avocate de conclure: «Il n’y a pas qu’une seule et unique manière d’envisager la famille. C’est ce qui fait la richesse d’une société».

À lire sur Le Point.fr.

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