Certes, l’UDI n’impose pas de consignes de vote à ses parlementaires sur le mariage pour tous. Certes, certaines de ses figures emblématiques, comme son chef de file Jean-Louis Borloo (même s’il s’est trompé de bouton lors du vote à l’Assemblée nationale), la sénatrice et ex-ministre Chantal Jouanno, les députés Yves Jégo et Jean-Christophe Lagarde ou encore Rama Yade, ont indiqué être favorables à l’égalité des droits (lire par exemple dans Le Monde: «Disons oui au mariage gay»).

Il n’empêche que le parti semble rester très majoritairement opposé au projet de loi Taubira. Ainsi, sur 30 député-e-s, cinq ont voté le texte. Et dans le nouveau numéro d’À Paris, le magazine de la Ville de Paris, le groupe UDI publie une tribune à l’orientation claire dès son titre: «Il faut préserver le mariage républicain».

«La plupart des membres du groupe UDI du Conseil de Paris se sont rendus à la manifestation organisée le 13 janvier dernier par un collectif d’associations, rappelle le président du groupe Yves Pozzo di Borgo, qui sera aussi le candidat du parti pour les municipales de 2014. (…)

«La lutte contre l’homophobie et la nécessité d’améliorer la situation des conjoints et des enfants élevés par des couples homosexuels nécessitent-elles un tel bouleversement de la société et de la loi? Nous n’en sommes pas persuadés.»

«Il est clair que les militants LGBT ont bénéficié de plus d’égard que les dirigeants d’associations familiales religieuses ou laïques de la part du chef de l’État et du gouvernement, estime Yves Pozzo di Borgo. Nous le regrettons.» Allusion, sans doute, au fait que le Président de la République a reçu les représentants de l’Inter-LGBT après son dérapage sur la «liberté de conscience», rencontre qui n’aurait probablement pas eu lieu sans ce dérapage. Et quand bien même les associations LGBT auraient été «bénéficié de plus d’égard», serait-ce vraiment choquant, dans la mesure où elles représentent les personnes directement concernées par le projet de loi, contrairement aux associations familiales, qui n’en vivront que les répercussions?

La tribune se termine par un nouvel appel au débat (pour les opposant-e-s au mariage pour tous les couples, les débats au parlement ne comptent pas):

«Les élus de l’UDI (…), pour la plupart d’entre eux, espèrent que le gouvernement préférera relancer la concertation et la discussion plutôt que de prendre le risque de diviser profondément les Parisiens et les Français.»

Yves Pozzo di Borgo est également sénateur. Profiterait-il de cette tribune parisienne pour donner le ton du débat national avant l’examen du texte au Sénat? Rendez-vous le 4 avril.

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