Au Royaume-Uni, près de 4000 enfants auraient besoin d’être adopté-e-s tous les ans, auquel-le-s il faut ajouter environ 9000 enfants en recherche d’un foyer d’accueil. Les couples de même sexe peuvent adopter depuis 2005, mais ils ne représentent qu’un très faible pourcentage de familles adoptantes. Pendant une semaine (du 4 au 10 mars), New Family Social, un réseau d’adoptant-e-s et d’accueillant-e-s, organise la LGBT adoption and fostering week, une série d’événements dans tout le pays pour sensibiliser à l’homoparentalité. Le message est simple: le pays manque de parents, les personnes LGBT sont dans une position idéale pour offrir à un enfant (ou à plusieurs enfants) un foyer stable et aimant.

C’est dans ce contexte que la British Association of Adoption and Fostering (BAAF) vient de publier une étude réalisée par des chercheuses et chercheurs du Centre de recherches sur la famille de l’Université de Cambridge auprès de familles adoptives. Alors que la plupart des études sur l’homoparentalité portent sur des enfants né-e-s de relations hétérosexuelles antérieures ou se limitent aux mères lesbiennes, celle-ci – la première de ce type au Royaume-Uni – a comparé 130 familles (de 2 parents), dont 41 familles de pères gays, 40 familles de mères lesbiennes et 49 familles de parents hétérosexuel-le-s.

«Nous avons travaillé avec plus de 70 agences d’adoption dans tout le Royaume-Uni pour trouver des familles», a expliqué Susan Golombok, co-auteure de l’étude et directrice du Centre de recherches sur la famille de l’Université de Cambridge.

«Dans l’ensemble nous avons clairement trouvé plus de similarités que de différences entre les types de familles. Les différences les plus flagrantes concernent les niveaux de symptômes dépressifs chez les parents, qui sont particulièrement bas chez les pères gays, et le fait que l’adoption était le second choix pour de nombreuses familles hétérosexuelles et pour certaines mères lesbiennes, mais le premier pour tous les pères gays à une exception près.»

La première différence peut s’expliquer par le fait que les hommes sont moins touchés par la dépression que les femmes. D’autre part, les couples hétérosexuels et lesbiens ont, pour beaucoup, d’abord eu recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP, dite aussi PMA), et un couple gay avait fait appel, sans succès, à une mère porteuse.

L’étude montre aussi que les pères gays semblent interagir plus avec leurs enfants et que ces enfants ont des vies sociales particulièrement riches. Susan Golombok a également commenté:

«Je n’aime pas quand les gens partent du principe que certaines familles, comme les pères gays, seront mauvaises pour les enfants. Les angoisses sur les éventuels effets négatifs sur les enfants placé-e-s auprès de pères gays semblent, d’après notre étude, infondées.»

Photo Equation (tirée du film Les joies de la famille)

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