Existe-t-il un humour gay? Océanerosemarie était invitée à répondre à cette difficile question hier, lundi 4 mars, dans Des clics et des claques, sur Europe 1.

L’interview débute avec les débats sur le mariage pour tous, une période «pénible», commente Océanerosemarie, qui raconte qu’en décembre notamment, lorsqu’elle se levait le matin et allumait la radio ou surfait sur internet, elle avait l’impression de se «faire insulter un jour sur deux». «Insulter?», répète David Abiker, étonné.

«Il y a eu énormément d’amalgames qui ont été faits, explique-t-elle. On a découvert à quel point on vivait dans un pays homophobe, on ne le soupçonnait pas. Moi, j’ai fait ce spectacle il y a trois ans et demi, quatre ans maintenant, et je ne savais pas quel accueil j’allais recevoir mais ça s’est toujours bien passé, et j’ai toujours eu des retours très positifs, donc je ne pensais pas qu’il y avait autant d’homophobie. Et c’est vrai que là les langues se sont déliées et ça a été assez violent.»

Et quand on n’est pas favorable au projet de loi «Mariage pour tous», est-on homophobe? «Oui, répond la comédienne, parce que je pense que vouloir que des gens n’aient pas les mêmes droits que les autres, c’est très simplement de l’homophobie, il ne faut pas se voiler la face. Il faut dire les choses comme elles sont: refuser que les homosexuel-le-s puissent avoir les mêmes droits, c’est considérer qu’ils sont inférieurs, c’est de la discrimination.»

Heureusement, malgré cette libération de la parole homophobe, raconte Océanerosemarie, elle ne s’est pas sentie plus particulièrement attaquée à cause de son spectacle. Au contraire, elle a apprécié le soutien de la communauté homo, contente de la voir devenir de moins en moins «invisible».

Une nouvelle fois, elle répète qu’être considérée comme «la lesbienne de service» ne lui «pose aucun problème»: «J’assume complètement si c’est le cas. De toute façon je trouve qu’il en fallait une, et moi j’étais frustrée, adolescente, de ne pas pouvoir m’identifier, de ne pas avoir de représentation de lesbienne positive. (…) C’est vrai qu’aujourd’hui, les lesbiennes médiatisées, que ce soit des animatrices télé, que ce soit à la radio, que ce soit des actrices, elles ne le disent pas.»

Sur les clichés:

«Le genre et le style vestimentaire ne déterminent pas la sexualité».

Sur les butches:

«Quand on me dit “les filles qui sont très viriles, elles ont un problème avec leur féminité”, je dis “mais attends, toi, tu as des talons aiguilles, les seins refaits, tu te cailles le cul devant le Rex, tu fais la queue deux heures avec ta mini-jupe, tu as passé quatre heures à t’épiler et à te maquiller, et toi tu n’as pas de problème avec ta féminité?” Alors que l’autre elle met son jean en deux secondes, elle a les cheveux courts parce que comme ça elle n’a pas à se coiffer, et elle, elle a un problème. Il faut qu’on m’explique.»

Elle parle aussi des Dégommeuses et de leur formidable opération Foot For Love, de son alter ego de musicienne Oshen

Ah oui, et Yagg, c’est un peu sa deuxième maison. Et ça, la Yagg team en est super fière.

Cliquer sur l’image pour écouter l’émission (à partir de 53’42):

Des clics et des claques

Cette semaine, retrouvez aussi Océanerosemarie dans Les Inrocks aujourd’hui, à la soirée «Le 8 mars, c’est toute l’année» du ministère des Droits des femmes demain, dans Les femmes, toute une histoire sur France Inter vendredi à 9h10, dans Grazia le même jour et à La Cigale samedi pour la dernière date parisienne de son spectacle La Lesbienne invisible (complet). Et bientôt le DVD…

Toutes les dates en régions.

Le blog d’Océanerosemarie, Mais qui a encore éteint la lumière?

Photo Lise Pressac (via Twitter)

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