Quelques centaines de pages et bien plus de rêves encore: le dossier de candidature de Paris pour les Gay Games 2018 a été officiellement déposé à la Marie de Paris, vendredi 1er mars, quelques heures après avoir été envoyé au siège de la Fédération des Gay Games à San Francisco. Prochaine étape, le 31 mai: le choix de la short list de trois villes parmi les cinq en lice: Amsterdam, Limerick, Londres, Orlando et donc Paris.

«BEAUCOUP PLUS QUE DES PARTENAIRES»
Lancée à l’initiative de la Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL), le 25 février 2012, l’association Paris 2018 a reçu un soutien sans faille de la Mairie de Paris: «Les Gay Games à Paris en 2018, cela nous paraît presque une évidence même s’il y a d’autres villes qui peuvent prétendre à porter ces valeurs qui sont universelles, a souligné Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris qui a ironisé sur le fait qu’Amsterdam a eu les Gay Games en 1998 et Londres les Jeux olympiques de 2012. Nous qui sommes mobilisé-e-s contre l’homophobie, contre les discriminations, soyons partageux! Nous sommes beaucoup plus que des partenaires, nous nous sommes engagé-e-s à vos côtés, nous ferons tout pour continuer à convaincre pour que cette belle fête ait lieu à Paris, une belle fête pour tous les Parisiens et les Parisiennes.»

Anne Hidalgo a fait allusion à l’examen du projet de loi «Mariage pour tous» adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 12 février et qui arrive le 4 avril au Sénat:

«Cette candidature arrive dans un contexte qui fait que nous avons des chances de gagner.»

Après San Francisco, Vancouver, New York, Amsterdam, Sydney, Chicago, Cologne et Cleveland (en 2014), Paris veut donc ses Gay Games, gigantesque rassemblement sportif et culturel qui rassemble notamment 15000 athlètes pendant dix jours.

La capitale met en avant son savoir-faire en matière d’organisation de grands événements sportifs comme la Coupe du monde de football en 1998, les championnats du monde d’athlétisme en 2003, la Coupe du monde de rugby en 2007 et bientôt l’Euro 2016, a estimé Jean Vuillermoz, adjoint au Maire de Paris, chargé des sports.

«C’est une vitrine pour lutter contre l’homophobie. C’est l’occasion de faire évoluer les regards comme nous le faisons avec le sexisme et le racisme.»

DES SOUTIENS DE POIDS… FACE À OBAMA
De nombreuses fées se sont penchées sur le berceau de Paris 2018 – le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement et ministre des Droits des femmes chargée d’une mission de lutte contre l’homophobie et la transphobie, Valérie Fourneyron, ministre de la Jeunesse et des Sports, Aurélie Filipetti, ministre de la Culture, ou encore Bertrand Delanoë, Maire de Paris, Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France a égrené Chris Fanuel, co-présidente de Paris 2018, soufflant qu’il ne manquait plus que le Président de la République.

Des athlètes aussi, comme Laura Flessel. La championne olympique d’épée et porte-drapeau de la délégation françaises aux Jeux olympiques de Londres 2012 a expliqué pourquoi elle soutenait l’espoir parisien des Gay Games:

«Les Gay Games sont ouverts à tous et c’est ce qui m’a séduite en premier. Ce sont un formidable vecteur d’intégration, de tolérance et de respect, des valeurs qui ont guidé toute ma vie de sportive de haut-niveau.»

Mais si l’appui de Paris, de sportifs/ves et d’élu-e-s sont sans faille, les autres candidatures montrent également de solides atouts d’images: ainsi Orlando qui vient de recevoir le soutien de Barak Obama, président des États-Unis: «Nous sommes conscient-e-s que le travail est encore long», a convenu Michel Geffroy, co-président de Paris 2018.

Si Paris est sélectionné en mai, des inspections in situ suivront. Et à la mi-août, à Cleveland, les trois nommés passeront un grand oral, avec choix de la ville hôte en octobre.

Convaincre le monde mais surtout à l’intérieur même de ses frontières. Effacer, par exemple, l’idée reçue et encore trop souvent raillée que les Gay Games sont réservés aux homos: «les Gay Games sont porteurs des valeurs basées sur l’intégration, la participation et le dépassement de soi, peut-on lire sur le site paris2018.com. Les jeux accueillent toute personne, quels que soient son orientation sexuelle, son genre, sa religion, sa nationalité, ses origines ethniques, ses convictions politiques, ses capacités physiques, athlétique ou artistiques, son âge et sa santé. Aucun standard de performance sportive n’est exigé, seul le désir d’apporter son soutien aux objectifs des Jeux est essentiel. Les Gay Games offrent donc l’opportunité de s’exprimer ouvertement et de goûter à l’esprit d’amitié à travers le sport, la culture et l’art ; le tout dans un climat de tolérance.»

Une longue course de fond qui mêle les espoirs et beaucoup d’émotions, palpables hier à la Mairie de Paris sur l’estrade comme dans l’auditoire composé de nombreux protagonistes d’associations sportives LGBT, qui portent aussi le projet. Porter des rêves n’est jamais une mince affaire.

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Photos Philippe de Sensitif

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