Christine Boutin sait très bien adapter son discours au média qui l’interviewe. Et quand elle s’adresse aux internautes du très à droite Nouvelles de France, acquis à ses idées sinon à sa personne, elle sait qu’elle s’adresse à son camp. Elle n’a pas besoin de convaincre sur le fond, juste de motiver pour son combat contre cet effroyable danger que représente l’ouverture du mariage aux couples de même genre, et pour ce que Nouvelles de France appelle «la Méga Manif pour Tous du 24 mars».

La présidente du Parti démocrate-chrétien se verrait bien en révolutionnaire, qui envisage une action à la Occupy mâtinée de «Printemps»:

«J’appelle de mes vœux un Printemps français: nous devons occuper une place de Paris, en permanence, c’est-à-dire y installer des tentes pour y vivre, se relayer, jusqu’à ce que le Gouvernement retire son projet de loi.»

«La France qui s’oppose à la dénaturation du mariage n’est-elle pas trop embourgeoisée pour occuper une place parisienne?», demande Nouvelles de France. «Il faut savoir ce qu’elle veut!», s’exclame Christine Boutin, qui appelle aussi les opposant-e-s au projet de loi Taubira à remplacer «les slogans gentillets» par «des slogans d’exigence».

Au passage, elle tape un peu plus sur l’alliance civile proposée par certain-e-s élu-e-s UMP (et donc le pacs), qui est pour elle «un piège et un mensonge»:

«Une union civile avaliserait ce que nous combattons, à savoir la reconnaissance par la société d’une union entre deux personnes de même sexe. De plus, elle validerait le principe que sous-tend le projet Taubira, c’est-à-dire qu’il faut répondre à toutes les revendications de toutes les minorités et encadrer toutes les situations. On imagine sans peine les dérives à venir…»

Lucide, elle ajoute: «Une alliance civile serait considérée par les associations LGBT, comme par la Cour européenne des droits de l’homme, comme discriminatoire.»

Et histoire de n’oublier aucun argument, elle poursuit: «une union civile traduirait dans le droit davantage encore la théorie du genre, cette théorie qui nie la différence sexuelle, et ne permettrait pas d’éviter la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui».

Photo Capture i>Télé

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