Voilà une affaire qui va apporter de l’eau au moulin de ceux et celles qui prétendent que les homosexuel-le-s sont responsables de toutes les apocalypses. Le quotidien italien La Repubblica en a fait sa Une hier, jeudi 21 février: «Sexe et carrière, les chantages au Vatican derrière la renonciation de Benoît XVI». Et depuis elle fait grand bruit.

De quoi s’agit-il? Derrière la renonciation de Benoît XVI, le 11 février dernier, officiellement parce que son «âge avancé» et ses «forces» ne lui permettent plus «d’exercer correctement le ministère», on trouverait un rapport secret commandé par le pape lui-même à trois cardinaux à la retraite et dont certaines conclusions auraient fortement irrité le souverain pontife. Une sorte d’enquête interne à la Curie, mise en place suite à l’affaire Vatileaks qui a ébranlé le Saint-Siège l’année dernière, et qui, selon La Repubblica, aurait notamment mis au jour l’existence d’un lobby gay («un réseau transversal uni par l’orientation sexuelle») au sein du Vatican, avec des prélats sous influence de personnes extérieures auxquelles ils seraient liés par des liens de «nature mondaine» (sic) et dont certains, menacés d’outing, auraient été victimes de chantage. D’où la supposée contrariété de Benoît XVI, pas franchement connu pour ses positions homophiles.

Ces «révélations», auxquelles le Vatican ne souhaite apporter ni «démentis, ni commentaires, ni confirmations», sont à prendre avec des pincettes, selon plusieurs observateurs. L’imminence de l’entrée en conclave, à l’issue duquel sera connu le successeur de Benoît XVI, est une période propice à toutes les rumeurs et à toutes les pressions. Jean-Marie Guénois, spécialiste des questions religieuses au Figaro, parle même d’une «absurdité». Dans la vidéo ci-dessous, il tente de l’expliquer notamment par le fait que le fameux rapport (dont personne n’aurait eu connaissance, pas même les journalistes de La Repubblica) a été remis à Benoît XVI en décembre 2012, alors que ce dernier aurait pris la décision de sa renonciation, dans le plus grand secret, dès avril-mai de la même année:

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessous, cliquez sur La démission de Benoît XVI n’est pas due à un «lobby gay»