Pour la première fois avant-hier, un tribunal turc a remis en cause la classification de l’homosexualité parmi les pratiques «contre-nature», à rebours d’une décision de la Cour suprême rendue l’année dernière. D’après le juge Mahmut Erdemli, l’orientation sexuelle de chacun doit être respectée et n’est pas du même ordre que la zoophilie ou la nécrophilie. Le magistrat a rendu ce jugement en première instance après qu’un homme a comparu pour avoir vendu des films pornographiques homosexuels.

INFLUENCE DES NORMES EUROPÉENNES
Pour le juge Erdemli, la classification en vigueur n’est plus valide dans la mesure où plusieurs pays européens et en Amérique du Nord ont autorisé le mariage entre couples de même sexe. Selon lui, les normes internationales qui interdisent les discriminations au titre de l’orientation sexuelle démontrent également que l’homosexualité n’a rien de contre-nature. Par conséquent, il n’est pas interdit de vendre des DVD pornographiques homosexuels. Le marchand a toutefois été condamné à huit mois de prison pour avoir vendu ces films «sans autorisation».

La section criminelle de la Cour suprême a réagi négativement à ce jugement en déclarant que le tribunal a commis une erreur, mais elle n’a pas été saisie de l’affaire pour le moment. Sollicité par GayStarNews, un porte-parole de l’association turque Kaos GL a considéré qu’il s’agissait là d’une «évolution positive» même si elle ne fait pas jurisprudence. La décision du juge Erdemli pourra servir de précédent pour d’autres cas à l’avenir.  L’an dernier, la Haute Cour d’appel avait statué que considérer les homosexuels comme des «pervers» était une insulte.

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