Le Conseil constitutionnel a invalidé l’élection de la députée PS Corinne Narassiguin, qui était chargée du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe au sein du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. C’est notamment elle qui a défendu une dernière fois le texte au nom de son groupe avant le vote solennel du 12 février.

Le Conseil constitutionnel a sanctionné son utilisation d’un compte bancaire aux États-Unis pendant la campagne des législatives (elle réside à New York et est élue des Français de l’étranger) en invalidant son élection et en lui infligeant une peine d’un an d’inéligibilité – ce qui l’empêche de se représenter.

Si elle déclare prendre acte de la décision du Conseil, Corinne Narassiguin pointe tout de même le «flou qui a entouré les règles qui ont encadré les campagnes législatives à l’étranger et les particularités liées à un scrutin sur de vastes circonscriptions, avec des règles différentes en fonction des pays, sans compter les difficultés particulières à opérer hors zone Euro.» Elle n’est d’ailleurs pas la seule à avoir été invalidée pour ces raisons. Deux autres candidats de sa circonscription l’ont également été ainsi que la députée PS d’une autre circonscription des Français de l’Étranger et deux des concurrents de cette dernière (lire le communiqué de presse de Corinne Narassiguin).

Son départ a été accueilli avec tristesses par ses collègues, parmi lesquels Erwann Binet, rapporteur du texte sur le mariage pour tous au sein de la Commission des lois de l’Assemblée Nationale:

La malheur des uns faisant le bonheur des autres, Christine Boutin n’a pas manqué d’ironiser en parlant de «justice immanente»:

Le principal concurrent de Corinne Narassiguin lors de son élection était l’ancien secrétaire d’État UMP Frédéric Lefebvre. Ce dernier a annoncé vouloir repartir en campagne.