Denis Quinqueton, président de l’association Homosexualités et socialisme (HES), justifie l’engagement de son mouvement en faveur de la procréation médicalement assistée (PMA) et de la gestation pour autrui (GPA) dans une tribune parue hier dans Le Monde. Il y a quelques jours, dans les colonnes du même journal, l’association avait été citée par la philosophe Sylviane Agacinski. La compagne de Lionel Jospin reproche à HES et aux associations LGBT de militer pour la GPA. Selon elle, cela entraîne une «marchandisation du corps» et «l’exploitation des femmes socialement fragiles».

Toujours dans Le Monde, Irène Théry a souligné à quel point Sylviane Agacinski diabolisait les personnes homosexuelles qui souhaiteraient recourir à la PMA ou à la GPA. Pour la sociologue, il s’agit d’une «entreprise de disqualification des personnes». La philosophe serait incapable de laisser «le réel bouleverser ses certitudes». Irène Théry invite à repenser la filiation sur des bases autres que celles de la procréation: «Avoir deux pères, ou deux mères, est possible et pensable, et ne dénie en rien que nous sommes tous issus de l’un et l’autre sexe», soutient-elle. Elle défend la même position dans sa lettre ouverte à Colleen, la mère porteuse à l’affiche du documentaire Naître père.

Dans sa réponse à Sylviane Agacinski, Denis Quinqueton envisage de faire reposer la filiation sur la responsabilité et l’engagement, comme le préconise la sociologue Martine Gross. À la crainte d’un trafic des êtres humains où les corps des femmes et des enfants deviennent des biens que l’on échange, le président d’HES promeut un autre modèle «fondé sur le consentement au don et le dédommagement». À lire dans Le Monde.