logo_liberation-smallAvec les débats à l’Assemblée nationale, un certain nombre de sujets liés aux questions LGBT sont passés relativement inaperçus. C’est le cas par exemple de cette tribune, publiée le 7 février dernier dans Libération, et signée de l’historien Pierre Albertini et du lieutenant Pierre Schydlowski, jeune homo violé dans une boite gay de Munich et exclu de l’école d’officiers de Saint-Cyr (lire Le Défenseur des Droits clôt le dossier de Pierre Schydlowski).

«L’actuel projet de mariage pour tous, élargissant les droits des homosexuels et rendant un peu plus égales les sexualités, ne doit pas nous faire oublier que, dans notre pays, les droits fondamentaux des homosexuels sont encore souvent bafoués, y compris par des institutions d’État, écrivent-ils. Un de ces droits fondamentaux est de pouvoir assumer ouvertement son orientation sexuelle, de ne pas être condamné au mensonge ou au silence. C’est ce droit qui est quotidiennement mis à mal dans l’armée française, en raison de la puissance en son sein d’une culture du préjugé homophobe. (…) Une telle situation est inadmissible. L’opinion doit exiger que l’institution militaire s’ouvre à la réalité sociale et culturelle de notre temps.»

«Ce n’est pas aux homosexuels que l’armée doit imposer la discrétion, mais aux homophobes. Car ce n’est pas la fierté qui nuit au moral des troupes, mais la discrimination quotidienne, surtout quand la hiérarchie ferme les yeux, voire l’encourage.»

«La plupart des forces armées européennes qui se sont engagées dans un processus volontariste contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle, à l’exemple du Royaume-Uni, n’ont rien perdu de leur efficacité militaire reconnue, concluent-ils. Elles sont seulement moins hypocrites, plus ouvertes à la diversité de la société et plus respectueuses des droits fondamentaux de la personne humaine.»

À lire sur Libération.fr.