Benoît XVI qui vient d’annoncer sa renonciation à la fonction de Pape de l’Église catholique («Je suis convaincu que mes forces, vu mon âge avancé, ne me permettent plus d’exercer correctement le ministère») n’aura eu de cesse de combattre les droits des gays et des lesbiennes. Petit florilège.

PAS DE PRÊTRE HOMOSEXUEL
Le 4 novembre 2005, il signe un document qui interdit de séminaire «ceux qui pratiquent l’homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent ce qu’on appelle la culture gay». Ce qui conduira Éric Fassin à affirmer avec un certain humour que l’Église catholique pratique ainsi la discrimination homophobe à l’embauche (lire: L’Église catholique, au mépris du droit).

CONTRE LE MARIAGE ET LA FILIATION POUR LES COUPLES HOMOS
L’ouverture du mariage aux couples homosexuels dans divers pays du monde et le fait que des gays et des lesbiennes puissent élever des enfants n’a cessé de le mobiliser. En 2010, il tente même, alors qu’il se trouve à Fatima, de faire pression sur le président portugais afin que celui-ci n’appose pas sa signature à la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe (lire: Benoît XVI récite son chapelet homophobe à Fatima). En vain.

S’il ne prononce quasiment jamais les mots homosexuels ou gay/lesbienne, Benoît XVI est rarement à court de mots assez durs pour qualifier l’égalité des droits pour les homos.Tantôt il critique «des lois ou des projets qui, au nom de la lutte contre la discrimination, portent atteinte au fondement biologique de la différence entre les sexes» (lire: Le Pape s’oppose une nouvelle fois à l’ouverture au mariage pour les homosexuels), tantôt il estime que l’homosexualité n’est «pas juste» (lire: Pour Benoît XVI, l’homosexualité est injuste). Mais la palme revient sans doute à sa déclaration du 9 janvier 2012  lors de ses vœux au corps diplomatique. Il y vilipende «les politiques qui portent atteinte à la famille», qui selon lui «menacent la dignité humaine et l’avenir même de l’humanité» (lire: Pour Benoît XVI, le mariage des couples homos menace «l’avenir même de l’humanité»). Cette déclaration sera même élue «pire déclaration homophobe de l’année 2012» sur Yagg.

CONTRE LE PRÉSERVATIF
Comme son prédécesseur Jean-Paul II, Benoît XVI a également condamné l’usage du préservatif. En 2009, alors qu’il se rend en Afrique, il affirme que non seulement le préservatif ne protège pas du sida, mais qu’«au contraire, il aggrave le problème», suscitant un tollé général et mondial (lire: Comme Jean-Paul II, Benoît XVI s’oppose au préservatif pour lutter contre le sida). Un an plus tard, il reviendra – timidement – sur ses propose (lire: Pour la première fois, Benoît XVI admet que le préservatif peut protéger du sida).

Ironie de l’histoire, le pape serait peut-être lui-même gay. C’est ce que laisse entendre en tout cas la théologienne Uta Ranke Heinemann, qui a usé les mêmes bancs d’université que Josef Ratzinger (lire: Allemagne: Benoît XVI «outé» par une ancienne camarade d’université )

POURQUOI TANT DE HAINE?
«Pourquoi tant de haine? »», peut-on s’interroger. La réponse se trouve dans l’«Instruction de la Congrégation pour l’Éducation catholique sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l’admission au séminaire et aux Ordres sacrés» de novembre 2005 qui interdit l’accès au séminaire pour les homosexuels, cité ci-dessus (le gras est de Yagg):

«Depuis le Concile Vatican II jusqu’à ce jour, divers documents du Magistère – et particulièrement le Catéchisme de l’Église catholique – ont confirmé l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité. Le Catéchisme distingue entre les actes homosexuels et les tendances homosexuelles.

Au sujet des actes, il enseigne qu’ils sont présentés dans la Sainte Écriture comme des péchés graves. La Tradition les a constamment considérés comme intrinsèquement immoraux et contraires à la loi naturelle. En conséquence, ils ne peuvent être approuvés en aucun cas. En ce qui concerne les tendances homosexuelles profondément enracinées, que présentent un certain nombre d’hommes et de femmes, elles aussi sont objectivement désordonnées et, souvent, elles constituent aussi une épreuve pour ces personnes.

Celles-ci doivent être accueillies avec respect et délicatesse; on évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Elles sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie et à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer.»