Sous les allures d’une conférence de presse routinière, les groupes majoritaires à l’Assemblée nationale ont tenté de mettre la pression sur l’opposition ce matin. Bruno Le Roux (PS), Alain Tourret (PRG), Marie-George Buffet (FdG) et Sergio Coronado (EELV) ont appelé le groupe UMP à la «responsabilité» pour la poursuite du débat.

«ON RIT MAIS CE N’EST PAS DRÔLE»
«Nous faisons face à une stratégie d’obstruction qui ne fait pas honneur au débat parlementaire depuis une dizaine d’heures. Ce grand texte mérite un grand débat», a commenté le président du groupe SRC Bruno Le Roux. «Au début, la droite portait des idées sur l’état de nature, par exemple, a complété Marie-George Buffet. On n’est plus dans cette phase-là. On a eu droit à un discours extraordinaire sur les gendres et la disparition des belles-mères! On rit, mais ce n’est pas drôle.»

«Au moment du pacs, l’opposition s’était ridiculisée avec Christine Boutin. Aujourd’hui, elle se boutinise. Elle nous a proposé 1160 amendements identiques sur l’article 4!», a ajouté Alain Tourret. Bruno Le Roux attend de la droite qu’elle ne défende plus des «amendements-photocopieuse»: «Le débat tourne à vide», juge l’élu. «L’opposition est l’otage des ultras, estime Sergio Coronado. Je vois bien les absences de ceux qui ont déserté les bancs de l’opposition».

Mais pour le député EELV, il ne s’agit pas seulement «d’obstruction». «Au fond, le sexisme le dispute à l’homophobie. Ce sont des amendements qui véhiculent une image inquiétante des relations entre l’homme et la femme.»

Tou-te-s ont insisté sur le fait que la majorité restera mobilisée jusqu’au bout des débats, quelle que soit l’attitude de l’opposition. Chacun-e a par ailleurs indiqué que le Sénat sera tout aussi mobilisé en faveur de ce projet de loi. «Ce que nous souhaitons, c’est qu’il y ait un texte global voté pour le mois de juillet», a précisé Alain Tourret.