Ce dimanche, le gouvernement semble s’être une nouvelle fois pris les pieds dans un tapis nommé «ouverture de la PMA aux couples de femmes». Et en plein débat à l’Assemblée nationale sur le projet de loi «Mariage pour tous» où la majorité a plus que jamais besoin d’avancer unie, cela fait désordre et offre des munitions à une opposition qui n’en demandait sûrement pas tant.

Signe que le malaise est profond: dans un communiqué publié intitulé «PMA pour les couples de femmes, à quoi joue le Premier Ministre?», l’Inter-LGBT parle d’«énième reculade»… employant les mêmes éléments de langage que les député-e-s de droite ce dimanche dans l’hémicycle.

«Le Premier ministre contredit la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, et se contredit lui-même», affirme l’Inter-LGBT. Alors que la question de la PMA pour les couples de femmes était prévue dans le cadre d’une loi famille présentée en Conseil des ministres le 27 mars, Jean-Marc Ayrault a recadré sa ministre, évoquant la nécessité de l’avis du Comité national d’éthique, ce qui suppose donc un nouveau calendrier, beaucoup plus vague et lointain. De plus, l’Inter-LGBT «rappelle avec insistance que l’accès à la PMA pour les couples de femmes n’est pas une disposition relevant des lois de bioéthique comme l’a très justement fait remarquer Erwann Binet à plusieurs reprises au sein de l’hémicycle ces derniers jours».

«En quoi serait-il moins “éthique” qu’une femme donne naissance à un enfant par le biais d’un don de sperme – dès lors qu’elle est en couple avec une femme plutôt qu’avec un homme? Sauf à considérer qu’un couple lesbien est moins apte à fonder une famille qu’un couple hétérosexuel? Comment M. le Premier ministre pourra-t-il s’enorgueillir d’une mesure d’égalité qui continuera à discriminer les homosexuelles – et les empêcher d’accéder à la parentalité tandis que leurs familles seront reconnues par la loi?»

«L’Inter-LGBT attend des clarifications et des explications de la part du Premier ministre et demande à être reçue dans les plus brefs délais pour évoquer ce sujet», conclut le communiqué.

À chacun son couac, serait-on tenté de dire: François Hollande et la «liberté de conscience des maires», Jean-Marc Ayrault et la PMA.