Le 31 janvier, la ministre fédérale de l’Égalité des Chances belge Joëlle Milquet (à gauche) a présenté le Plan d’action interfédéral contre les violences homophobes et transphobes. Ce projet vise à renforcer la prévention et la sensibilisation, mais aussi à optimiser la prise en charge des personnes victimes de délits homophobes et transphobes et faire que la loi anti-discrimination adoptée en 2007 soit enfin mieux appliquée.

DES MESURES SUITE AUX VIOLENCES HOMOPHOBES DE 2012
«Cette initiative vient du ministère de l’Intérieur, explique Vincent Bonhomme (à droite) d’Arc-en-Ciel Wallonie. Elle s’appelait “Plan d’action interfédéral contre l’homophobie et la transphobie”, avant d’être changée en “Plan d’action interfédéral contre les violences homophobes et transphobes”. Par ce titre, on voit bien qu’elle s’attaque avant tout à l’hypervisibilité des violences.» Une observation à mettre en lien direct avec les différents meurtres et agressions à caractère homophobe qui ont eu lieu en 2012? Pour le coordinateur de projets d’Arc-en-Ciel Wallonie, ces événements tragiques ont surtout contribué à mobiliser l’opinion publique et les politiques: «Les premières consultations sur ce projet ont eu lieu avant le meurtre d’Ihsane Jarfi, il existait donc déjà une volonté du gouvernement de s’attaquer au problème de l’homophobie».

NÉCESSAIRES… MAIS PAS SUFFISANTES
Le Plan d’action va s’articuler autour de six principes: le développement des connaissances, l’amélioration de la législation, l’amélioration de la prévention, la sensibilisation, l’aide aux victimes et le suivi des plaintes et des poursuites. Il est clair que ce plan d’action s’inscrit dans une démarche transversale pour couvrir l’homophobie et la transphobie de façon globale. De plus, sont associés différents organismes de lutte contre le sexisme et le racisme comme l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH) ou le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR), mettant en avant la nécessité de toucher et d’inclure l’ensemble des acteurs qui luttent contre l’ensemble des discriminations. «Les mesures présentées sont nécessaires mais pas suffisantes, commente Vincent Bonhomme. En tant qu’association, nos interrogations dépassent largement ce qu’il y a dans ce plan d’actions.»

DES DOMAINES ABSENTS DU PLAN D’ACTION
Certains champs sont même complètement absents du plan d’actions: «L’emploi, en termes de visibilité et de diversité dans le monde du travail, est un enjeu important qui n’est pas du tout traité dans le plan d’actions, de même que l’accès au logement, alors que c’est une difficulté qui revient souvent chez les couples gays ou lesbiens. Il n’y a rien non plus au sujet des familles homoparentales». Pour Vincent Bonhomme, l’une des raisons de ce manque d’approfondissement est le désintérêt des chercheurs belges sur les thèmes liés aux LGBT. Trop peu d’universitaires consacrent des thèses ou des études sur ces questions.

«Alors qu’il faudrait promouvoir la diversité, ce plan d’actions s’inscrit plus dans une approche plutôt sécuritaire et compassionnelle», conclut Vincent Bonhomme. Arc-en-Ciel Wallonie participera prochainement aux réunions de la seconde phase du plan d’actions, ce qui lui permettra peut-être de faire inclure de nouveaux domaines à la lutte contre l’homophobie et la transphobie.

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