Angela Merkel est toujours opposée, comme son parti, à l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe. La première étude (BMJ) représentative des familles homoparentales en Allemagne vient donner de l’eau au moulin des partisans de l’égalité. Elle montre que les enfants élevés par deux pères ou par deux mères, qui seraient au moins 7000 en Allemagne (selon une enquête de 2009) ne rencontrent pas de problèmes particuliers dans leur développement et dans leur rapport à la société, par rapport aux enfants issus des autres familles.

L’étude a été commandée par Brigitte Zypries, l’ancienne ministre de la Justice SPD (le parti social-démocrate) en 2006. Des enquêtes ont été menées auprès des parents et des enfants de familles homoparentales dans deux régions en Bavière. À l’Institut de Recherche sur la Famille de Bamberg, 1059 homoparents ont été questionnés sur différents thèmes allant de la répartition des tâches, aux rapports avec les personnes extérieures à la famille, en passant par la discrimination. Une petite centaine d’enfants âgés de 10 à 18 ans ont aussi répondu aux questions de l’enquête, portant sur l’estime de soi, la relation à leurs parents, leur façon de gérer le regard des autres.

PAS DE PROBLÈMES ÉMOTIONNELS OU PSYCHOLOGIQUES
Comparés aux données récoltées auprès de familles hétérosexuelles, monoparentales ou recomposées, les résultats des questionnaires ont montré que les enfants des familles homoparentales ne souffrent pas de problèmes émotionnels ou psychologiques, comme l’explique Elke Jansen dans le compte-rendu de l’enquête: «Ils gèrent très bien les étapes clefs de l’adolescence, comme celle de construire leurs premières relations intimes, de développer des relations stables et productives avec leurs pairs, tout en parvenant à une indépendance émotionnelle vis-à-vis de leurs parents et des autres adultes – et par certains aspects, ils font parfois même mieux que ceux qui grandissent dans des familles hétérosexuelles nucléaires, monoparentales ou recomposées: par exemple, ils planifient et organisent l’école et leur carrière professionnelle plus en avance et prennent cet enjeu plus au sérieux.»

TRÈS FORT NIVEAU D’ESTIME DE SOI
Parmi les résultats les plus significatifs, l’étude montre aussi que les enfants des familles homoparentales ont un très fort niveau d’estime de soi et d’autonomie. Concernant la discrimination, 13% des enfants interrogés ont déjà subi des attaques verbales, ont été embêtés, ont entendu des commentaires idiots ou subi des moqueries, tandis que 17% ont déclarés n’avoir que rarement subi ce genre d’incidents, et 67% à ne jamais avoir été victimes de ces discriminations en raison de leur famille.

Lire le compte-rendu de l’étude BMJ (en anglais).