Les médias se sont peut-être emballés trop vite, en annonçant la mise au point d’un vaccin thérapeutique pour utilisation chez les séropositifs. L’étude conduite par Erwann Loret à Marseille, et qui devrait bientôt débuter, vise à tester la tolérance de la préparation vaccinale chez 48 séropositifs traités efficacement par les antirétroviraux. L’essai clinique a été autorisé le 24 janvier par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Le chercheur marseillais travaille sur la protéine TAT-extra cellulaire qui semble jouer un rôle immuno-suppressif. L’idée consisterait à la bloquer afin de limiter ce rôle.

Premier temps de l’expérimentation chez l’homme, la phase de tolérance pour vérifier si le vaccin n’a pas d’effets secondaires. Puis, une deuxième série de patients se verra proposer des injections soit avec la préparation vaccinale soit avec un placebo: la stratégie classique pour évaluer les vaccins thérapeutiques. Le promoteur du projet est le laboratoire Biosantech en partenariat avec l’AP de Marseille.

« Ce n’est pas la fin du sida. Ce n’est même pas le début de la fin du sida », a souligné Erwann Loret, même si l’espoir est, à terme, de remplacer la trithérapie, aux effets secondaires souvent très lourds, par un vaccin thérapeutique.

PRUDENCE DE L’AGENCE NATIONALE DE RECHERCHES SUR LE SIDA
Une prudence abondée par le Pr Jean-François Delfraissy. Le directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) a commenté l’annonce lors d’une conférence de presse téléphonique mardi 29 janvier: «On est vraiment au début, au début, au début, a-t-il martelé. Ne laissez pas croire aux lecteurs qu’avec des vaccins thérapeutiques, on va arrêter la trithérapie. Le vaccin est là pour stimuler la réponse immunitaire». Selon lui, le vaccin pourrait représenter «un gain de 3-4 mois de trithérapie mais en reprenant le traitement régulièrement».

Le Professeur Delfraissy parle encore de prudence pour l’avenir: «C’est le quatrième essai vaccinal sur lequel on me demande mon avis depuis le 1er décembre».

Il a également rappelé que «25 ou 26 essais vaccinaux sont actuellement en cours dans le monde, 60% préventifs et 40% thérapeutiques. La recherche va encore prendre des années et des années».