La France ne se contente pas de se ridiculiser en se livrant à un débat nauséabond sur le mariage pour tous, elle met aussi en péril le travail de celles et ceux qui luttent pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité. C’est ce qu’explique Alice Nkom, l’avocate camerounaise qui défend contre vents et marées les Camerounais-es accusé-e-s d’homosexualité, dans la vidéo ci-dessous:

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Pour l’avocate, habituée aux pires arguments pour maintenir les personnes LGBT dans l’inégalité, le débat actuel «relève d’une autre époque, s’agissant de la France», «le pays de la Révolution de 1789», «le pays de la laïcité», «le pays champion des droits de l’Homme». La manifestation du 13 janvier, dite «Manif pour tous», la «replonge dans l’ambiance des pays qu’on qualifie de républiques bananières». Les arguments des «anti» lui rappellent «cette marche qui avait été organisée par un prélat de haut-niveau lorsqu’il s’est agi de ratifier le protocole de Maputo sur les droits des femmes».

«Il n’y a aucune différence aujourd’hui entre la France qui vient de tomber de son piédestal de champion des droits de l’homme et le Cameroun.»

«Il faut que la France se ressaisisse», insiste-t-elle, ajoutant: «C’est le seul domaine dans lequel elle tenait le haut du pavé, celui des droits de l’Homme, parce que pour le reste, lorsque j’ajoute à ça le spectacle des élections qui se sont passées il n’y a pas longtemps à l’UMP (…) Je me retrouve en plein dans les élections telles qu’elles se déroulent dans les républiques bananières.»

«Il faut que la France se ressaisisse, parce qu’en matière de démocratie, elle ne pourra plus être une donneuse de leçons. Elle est en train de plomber le combat des défenseurs des droits des minorités sexuelles, dont je fais partie.

«On va nous retourner l’argument, “vous voyez, même en France, pays dit développé, avancé en matière des droits de l’homme, vous avez vu ce déploiement contre le mariage gay [sic]? Contre l’adoption?”», s’inquiète-t-elle.

Le Cameroun est-il devenu un modèle pour la France, s’interroge-t-elle, un «modèle de toutes les violations». Elle conclut en appelant les parlementaires français-es à voter le projet de loi qui «consacre, en fait et en droit, la valeur “égalité pour tous”».

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