Marie-Claude LortieMarie-Claude Lortie est chroniqueuse au quotidien québécois La Presse. «Choquée de découvrir cette France opposée au changement», comme elle l’écrit sur son blog, elle a consacré sa chronique d’hier à sa solidarité envers les pro-égalité des droits:

«Le dimanche 27 janvier, je ne serai pas à Paris. Ou plutôt si, j’y serai un peu. Je serai de tout cœur avec ceux qui descendront dans la rue pour défendre le mariage pour tous. (…) Chers policiers, ceux qui diront, après coup, combien de personnes sont sorties dans la rue pour manifester en faveur du droit à tous les amoureux, y compris, évidemment, ceux de même sexe, de s’unir officiellement, publiquement, légalement, comptez-moi, s’il vous plaît, parmi vos statistiques.»

«Le droit à la différence est une question qui dépasse totalement les frontières, rappelle-t-elle, précisant que les chiffres de la «manif pour tous» lui «ont donné froid dans le dos». C’est avant tout une revendication humaine. Devant le refus de la diversité, nous devrions tous être fondamentalement pareils. Solidaires.» Elle poursuit:

«On savait que les États-Unis comptaient leur lot de bigots. (…) Mais la France? Le pays de Bertrand Delanoë, de Colette, de Michel Foucault, de Roland Barthes… Le pays de la liberté, de la fraternité, de l’égalité? Le pays laïque qui aurait pu dire des décennies avant notre premier ministre Pierre Trudeau que l’État n’a pas sa place dans la chambre à coucher, lui, voudrait bouder l’ouverture? N’était-ce pas dans les années 30 ou 50 que Jean Cocteau ou Simone de Beauvoir montraient au monde qu’il n’y a pas qu’un chemin amoureux dans la vie… Ce pays serait-il si différent, si davantage traditionnel, voire réactionnaire, que l’image qu’on s’en fait? Ou alors tout simplement beaucoup plus polarisé. On regarde la France, et on a l’impression d’en voir deux.»

Un très joli texte à lire en intégralité sur La Presse.ca.

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