Cent mille euros. C’est le montant réclamé par Bertrand Delanoë, le maire de Paris, a révélé hier FranceBleu 107.1, pour réparer les dégâts occasionnés sur les pelouses du Champ-de-Mars, point d’arrivée de la «Manif pour tous» contre l’égalité des droits qui a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes, dimanche 13 janvier. Des dégâts «involontaires» a précisé la mairie de Paris, résultat du piétinement par les manifestant-e-s. La mairie a prévu d’envoyer la facture, avant la fin de la semaine, au ministère de l’Intérieur, la manifestation ayant été autorisée par la préfecture de police de Paris. Mais ce sont bien les organisateurs/trices de la «Manif pour tous» qui sont visé-e-s au final.

REPLANTER
Aujourd’hui, ces dernièr-e-s répondent qu’ils/elles ne comptent pas payer ladite facture, mais proposent à Bertrand Delanoë de venir – avec des manifestants volontaires – replanter la pelouse endommagée. Pendant ce temps-là, la polémique a eu le temps d’enfler et de prendre une tournure politique.

Christine Boutin a été l’une des plus promptes à réagir sur Twitter: «De qui se moque-t-on? Bertrand Delanoë présente-t-il la facture à la gay pride?!»

«MESQUINERIE»
La démarche de Bertrand Delanoë a également fait bondir la fédération UMP de Paris, qui avait appelé à manifester dimanche dernier, et qui qualifie le maire de Paris de «faux démocrate». «On atteint des sommets dans l’indignité, la mesquinerie et la médiocrité, écrivent les élu-e-s de droite dans un communiqué. C’est un exemple effarant du sectarisme de Bertrand Delanoë qui jamais ne déroge à sa ligne “un poids, deux mesures”». Et d’ajouter: «les manifestants pesaient sans doute plus lourd que ceux de SOS racisme, auxquels il avait prêté le Champ-de-Mars et alloué une subvention de 230000 euros pour le concert donné le 14 juillet 2011».

Dans un communiqué publié ce jour, le maire de Paris a tenu à répondre à la «polémique instruite par le droite», affirmant qu’il n’a «fait qu’appliquer les règles qui ont toujours prévalu – envoi d’une facture liée au piétinement des pelouses – comme ce fut le cas par exemple lors du concert de Johnny Hallyday en 2009 ou de SOS racisme en 2011». De plus, il explique qu’avant l’autorisation de la manifestation, il avait «prévenu que les pelouses du Champ-de-Mars, qui sont en cours de réfection pendant la période hivernale, ne supporteraient pas une telle affluence» et qu’il avait «donc suggéré qu’un autre point d’arrivée soit recherché».

«DÉLIT DE CONTRADICTION»
À gauche, Ian Brossat, président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris, soutient l’action du maire.

«La liberté de manifester est un droit fondamental, écrit-il dans un communiqué. Il ne saurait en revanche se confondre avec le droit de dégrader le bien des Parisiennes et des Parisiens. La droite est prise en flagrant délit de contradiction. C’est elle qui fut à l’initiative de la Charte de protection du Champ-de-Mars. Et elle s’offusque aujourd’hui des règles qu’elle appelait de ses vœux hier. Les organisateurs de la manifestation homophobe doivent assumer leurs responsabilités et régler la note transmise par le maire de Paris au ministère de l’Intérieur».

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