Dans sa tribune publiée hier dans Le Monde, le sociologue Éric Fassin s’interroge sur l’homophobie de l’Église catholique. Le discours officiel de cette organisation religieuse est d’accueillir «avec respect, compassion et délicatesse» les personnes homosexuelles. Tout en considérant que «les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés» et que les personnes présentant de telles «tendances» ne peuvent être admises au séminaire.

Éric Fassin fait remarquer à juste titre qu’en faisant une telle déclaration, l’Église catholique est «le seul employeur qui affiche fièrement une discrimination homophobe à l’embauche». On peut considérer qu’elle agit dans le cadre de sa liberté religieuse, mais «qu’est-ce qui empêcherait alors une religion blanche de bannir les Noirs ou les Arabes?», demande le sociologue. Puisque le clergé s’engage aujourd’hui dans le champ politique, il ne peut pas se prévaloir d’un quelconque droit à ne pas respecter le droit.

L’ÉTAT COUPABLE?
L’État porte lui aussi une lourde responsabilité dans la mesure où il finance le culte en Alsace-Moselle, selon les termes du concordat. Selon le sociologue, il suffirait qu’un «séminariste alsacien ou mosellan écarté de la carrière ecclésiastique» porte plainte pour qu’un tribunal en vienne à statuer sur l’homophobie de l’Église catholique. Éric Fassin ne manque pas de faire remarquer que d’autres pourraient recourir à la justice pour discrimination dans l’accès à l’emploi au sein du clergé: les femmes…

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