La lutte contre l’homophobie figure en bonne place parmi les revendications de la «Manif pour tous». Le défilé dans les rues de Paris hier s’est voulu bon enfant, tout en légèreté et sans condamnation à l’encontre des personnes homosexuelles. Mais le fond du message n’en est pas moins homophobe: pour les manifestant-e-s, les couples homosexuels ne doivent pas être autorisés à se marier ni à élever des enfants.

«Un père, une mère: rien de mieux pour un enfant», scandaient-ils/elles, ravi-e-s pour beaucoup de prendre part à leur première manifestation et/ou de découvrir Paris. Plusieurs dizaines d’élu-e-s ont rejoint le mouvement et le président de l’UMP Jean-François Copé marchait dans le carré de tête aux côtés de Christine Boutin. En raison du filtrage des journalistes imposé par l’attaché de presse de l’UMP, Yagg n’a pas été autorisé à s’approcher du maire de Meaux.

Ça et là, des réactions à la manifestation ont vu le jour. Si les contre-manifestant-e-s ont rapidement été encerclé-e-s et écarté-e-s par les forces de police, Act Up-Paris est tout de même parvenu à déployer une banderole portant l’inscription «Homophobie=Mort» sur le pont des Invalides. Les manifestant-e-s venu-e-s de la Porte Maillot et qui se rendaient jusqu’au Champ-de-Mars en passant par le Pont de l’Alma ont eu tout le loisir de contempler cette banderole.

Au-delà de la dimension «politique» de ce défilé qui exigeait tout à la fois le retrait du projet de loi Taubira, la tenue d’états généraux de la famille, d’un débat national et d’un référendum, on a pu constater une débauche de moyens. Mise en valeur comme la rockstar d’un concert, Frigide Barjot, porte-parole de la «Manif pour tous», était au cœur de toutes les attentions.

Dès cette semaine, des manifestations pour l’égalité des droits auront lieu en régions. Un rassemblement national aura lieu à Paris le 27 janvier prochain. Consultez sur Yagg la liste des rassemblements prévus.

Suivez Julien Massillon sur Twitter: JulienMsln