La «Manif pour tous» contre l’égalité des droits a rassemblé entre 340000 (selon la préfecture de police) et 800000 personnes (selon les organisateurs) dans les rues de Paris ce dimanche 13 janvier. Trois cortèges défilaient sous les couleurs de la «Manif pour tous», un quatrième était emmené par les catholiques intégristes de Civitas.

Au Champ-de-Mars, point d’arrivée de la manifestation, l’une des organisatrices, Frigide Barjot, a lu une lettre à François Hollande lui demandant de renoncer au projet de loi sur le mariage pour tous «qui divise les Français». Quelques minutes plus tard, l’Élysée qualifiait la manifestation de «consistante». Elle «exprime une sensibilité qui doit être respectée» mais «ne modifie pas la volonté du gouvernement d’avoir un débat au Parlement [à partir du 29 janvier] pour permettre le vote de la loi», a affirmé une conseillère de la présidence de la République citée par l’AFP. «Ça n’empêchera pas le débat au Parlement», a-t-elle ajouté.

Un peu plus tôt dans l’après-midi, Harlem Désir, premier secrétaire du Parti socialiste affichait la même volonté d’aller «jusqu’au bout de la grande réforme de progrès et d’égalité voulue par les Français», condamnant au passage «les propos scandaleux et insupportables d’un des porte-parole de la manifestation comparant le Président de la République à Adolf Hitler». Harlem Désir juge également «inacceptable de voir des dirigeants de l’UMP, comme MM. Copé et Bertrand, dans la même manifestation que des représentants de l’extrême droite, comme Madame Maréchal-Le Pen, Monsieur Collard et le Bloc Identitaire et Civitas. C’est la première fois depuis des décennies dans notre pays que la droite et l’extrême droite descendent ensemble dans la rue contre de nouveaux droits pour les Français».

À noter que les prochains rassemblements en faveur du mariage et de l’adoption pour tous auront lieu le 19 janvier en régions et le 27 janvier à Paris.
Photo Xavier Héraud