charles consignyCharles Consigny, 23 ans, se targue d’être l’un des amis gays de Christine Boutin (lire Christine Boutin a un bon ami homosexuel). Comme l’ancienne ministre, il était opposé au mariage pour les couples de même sexe. Mais ça c’était avant. Celui qui se définit comme écrivain vient de signer une tribune dans Le Point, où il explique pourquoi il a changé d’avis.

Si ce militant UMP ne cache pas le mépris que lui inspire François Hollande «habillé comme un chef de rang à Hippopotamus» – ce qui semble être pour lui le summum de la vulgarité – et confie regretter que l’homosexualité perde son caractère «transgressif», il estime que «pas une seule des raisons avancées contre le mariage homosexuel ne tient debout»:

«On dit: « Le mariage, c’est depuis toujours l’union d’un homme et d’une femme; faisons une union civile avec les mêmes droits, mais ne l’appelons pas mariage. » C’est un peu comme si on disait: une maison, c’est un rez-de-chaussée avec deux étages. Faisons des habitations à trois étages, mais ne les appelons pas maison.»

Ou encore:

«On brandit: « Le mariage en tant qu’union d’un homme et d’une femme tient la cité en équilibre depuis des siècles, cette loi va déstructurer la société, elle va déstabiliser les enfants! » Comme si, parmi ces siècles, grâce à la vénérable institution, on avait évité les infanticides, les parricides, les incestes, les viols, les coups. Comme si la famille traditionnelle, justement, n’était pas le creuset des pires fantasmes, des huis clos les plus obscurs, comme si elle ne portait pas en elle, intrinsèquement, ainsi que l’écrit Renaud Camus, la « tristesse fondamentale d’exister ».»

Ce qui l’a fait changer d’avis, confie-t-il, est «un homme qui, depuis des années maintenant, a souvent fait battre [son] cœur». Expliquant qu’avec cet homme, ils ont plaisanté en évoquant leur mariage ou rêvé à leur vie à deux, avec des enfants, il affirme: «je crois qu’il vaut mieux trois adultes excités qu’un père alcoolique, et deux mecs qui s’aiment, qui baisent et qui s’engueulent que des gosses livrés aux pétards et à la télévision.» Et conclut par «légiférons». Christine Boutin a-t-elle perdu un ami?

Photo Charles Consigny