Aurore Bergé est militante UMP, chargée de mission à la fédération UMP des Yvelines, proche de Valérie Pécresse et de François Fillon. Cette ancienne porte-parole des Jeunes Pop ne défilera pas dimanche 13 janvier contre le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples gays et lesbiens. Au contraire, elle marchera le 27 janvier aux côtés de celles et ceux qui soutiennent le texte.

Dans une tribune publiée sur Le Plus du Nouvel Observateur, elle explique qu’elle n’est pas «une fervente partisane» du texte du gouvernement et qu’elle aurait préféré une union civile et un statut des beaux-parents. Elle est «encore convaincue que l’altérité homme-femme est importante au sein du couple parental», elle ne comprend pas «les expressions “deux mamans” ou “deux papas”», elle trouve «insupportable de faire un amalgame parmi tous les opposants au mariage pour tous, arguant que cette seule opposition serait constitutive d’homophobie», elle aussi aurait aimé «un débat». Mais ces doutes, ces questionnements sont plus que contrebalancés par les valeurs auxquelles elle croit, à l’instar de David Cameron, le Premier ministre britannique, qui veut ouvrir le mariage aux couples homos au Royaume-Uni.

«Je ne vois pas en quoi l’homosexualité empêcherait d’être un bon parent, l’hétérosexualité n’ayant par ailleurs jamais empêché d’en faire de mauvais», souligne-t-elle. «L’on ne saurait enfin arguer que la conception biologique d’un enfant est un horizon indépassable pour “faire famille”, le fait d’être père ou mère, le fait d’être parent n’a, après tout, jamais eu de lien consubstantiel avec la conception», rappelle-t-elle aussi.

«Je suis encore plus révulsée par les amalgames et les facilités homophobes auxquels se laissent aller au grand jour certains responsables politiques de mon camp mais aussi, ne soyons pas naïfs, des responsables de gauche dans des off savamment distillés à la presse. Je suis inquiète de la libération de sentiments et d’expressions homophobes que les opposants au projet instrumentalisent en donnant l’air de ne pas y toucher.»

«Je suis également troublée de voir mon parti appeler officiellement à mobiliser comme rarement pour un sujet qu’il ne cesse pourtant de qualifier de mineur», remarque-t-elle.

«Je reste en revanche tout à fait certaine que le camp qui est le mien est celui de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. J’irai donc marcher le 27 janvier avec les militants du mariage pour tous, même si je ne suis pas d’accord avec toutes leurs demandes car je me reconnais davantage dans leur démarche et les valeurs qui les animent. J’irai marcher parce que le projet de loi du mariage pour tous trouve chez moi moins de contestation que de soutien.»

Sur Twitter, Aurore Bergé a passé la soirée à expliquer que sa position avait évolué, que son soutien au mariage pour tous les couples n’était pas acquis:

Si elle a changé d’avis, c’est (en partie au moins) grâce aux témoignages des enfants d’homos. En 2010, candidate à la présidence des jeunes UMP, elle considérait que l’ouverture du mariage et la reconnaissance de l’homoparentalité contribueraient à fragiliser la fonction sociale de la famille (lire Mariage, homoparentalité: qu’en pensent les candidats à la présidence des jeunes UMP?).

«Ce qui doit primer est l’intérêt de l’enfant et je pense que l’intérêt de l’enfant est d’être élevé dans un environnement familial traditionnel, affirmait-elle alors. Bien sûr, je sais qu’il y a des milliers d’enfants qui vivent au sein d’un couple de même sexe. Le statut de beau-parent doit justement apporter une réponse pour protéger ces enfants. Mais ne nous trompons pas, une situation de fait ne peut pas changer la loi. Cela aurait pour effet d’encourager ces situations de fait.»

Même discours en mai 2011: «Le problème vient surtout de l’adoption. On se marie pour faire des enfants. Le mariage protège la famille.»

«Je suis sortie bouleversée des auditions des familles homoparentales organisées à l’Assemblée nationale et heureusement retransmises, raconte-t-elle aujourd’hui. Oui, la loi doit être générale mais quand il s’agit de la famille, il n’y a sans doute plus que des cas particuliers. Si la loi poursuit l’objectif de protéger les plus fragiles, alors définitivement, les enfants, tous les enfants de la République, doivent être protégés. Car ici, il n’est finalement question que d’eux. Eux qui existent. Eux qui continueront à exister.»

Lire la tribune d’Aurore Bergé en intégralité sur Le Plus.

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