Après de nombreuses années en tant que chef monteur de fictions et documentaires, Nicolas Barachin, cinéaste documentariste a réalisé plusieurs documentaires, notamment Et ta Sœur! sur les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence ainsi que L‘appel, la paroles, la mémoire, trois courts métrages sur les manifestations contre la réforme des retraites. Il réagit aux propos de l’Église catholique et son implication dans la manifestation du 13 janvier prochain.

«NOUS NE RETOURNERONS PAS VERS L’OBSCURANTISME», PAR NICOLAS BARACHIN
photo-nicolas-barachinN’ayez pas peur!, avait lancé Jean-Paul II. Si, j’ai peur! Je suis même effaré quand je regarde la situation politico-sociale actuelle!
Nous sommes face à une offensive en règle de l’Église catholique contre l’État républicain. Appels aux veillées de prières… Appels à manifestations… Si la droite reprend le pouvoir, aurons-nous droit aux processions dans la rue derrière le curé du coin pour implorer le pardon divin? La Restauration n’est pas loin… Et l’Église n’a pas perdu ses habitudes… Ce que je trouve le plus odieux, c’est la manipulation, l’instrumentalisation que la hiérarchie catholique pratique vis-à-vis de ses «ouailles» dont elle connaît la fragilité.

Il est absolument dégueulasse de monter une partie de la population contre une autre, même si ces dernières années la droite sarkozyste en a fait un de ses principaux outils de gouvernement – elle sera d’ailleurs en bonne place dans les cortèges de dimanche.
Choisir une partie des plus fragiles de nos concitoyens pour alimenter des discours de haine, pour en faire des boucs émissaires, nous tournons en rond!

Après l’Inquisition et l’exercice conjoint du pouvoir qui pendant des siècles a maintenu notre peuple dans la misère et la soumission, l’Église, sa hiérarchie, pape en tête, pense-t-elle qu’elle a un coup à jouer pour revenir aux affaires? Même si elle n’en a jamais été très loin…

La symbolique du mariage pour tous, c’est-à-dire pour tous ceux qui sont marginalisés par leur sexualité, est qu’ils/elles font partie de la même société que les hétérosexuel-le-s, qu’ils/elles sont reconnu-e-s.
Ceux qui sont le plus concernés sont les jeunes, qui découvrant leur sexualité à la puberté, se retrouvent complètement marginalisés, stigmatisés pour leur soi-disant «anormalité». Ils seront un grand nombre à choisir le suicide plutôt qu’une vie dans un placard…

De quoi avons-nous peur face à ces enfants, notre statut d’hétéro est donc si fragile que nous devons nous détourner de nos frères et sœurs parce qu’ils/elles n’ont pas la même sexualité que nous?

L’idée républicaine justement nous rassemble, nous sommes tous des citoyens, et la sexualité, comme la religion, fait partie de l’intime, et n’est pas un prétexte à discrimination, ni à stigmatisation comme le voudrait la hiérarchie catholique!
Nous ne retournerons pas vers l’obscurantisme, en sommes-nous vraiment sortis?

Nicolas Barachin, cinéaste documentariste

Photo DR