Vincent Peillon est revenu ce matin au micro de RTL sur la polémique autour de l’enseignement catholique. Le ministre de l’Éducation nationale a justifié ses remontrances à Éric de Labarre, secrétaire général de l’Enseignement Catholique, qui avait incité les 8300 établissements catholiques à «prendre des initiatives» contre le mariage pour tous. Il affirme avoir vu ses réserves confortées par les éclaircissements d’Eric de Labarre qui a précisé avoir voulu encourager les débats entre professionnels de l’éducation et non devant les élèves.

Il a également pris la défense de Najat Vallaud-Belkacem, à qui l’on reproche d’avoir répondu à une question sur le sujet lors d’une visite dans un établissement où elle assistait à une action contre l’homophobie.

«Vous ne voyez pas la différence entre organiser 8000 débats, demander que ça soit dans toutes les classes et venir accompagner une association et répondre à la question d’un enfant sur cette question précise (…)?»

L’invitation à «prendre des initiatives» semble en tout cas avoir été reçue 5 sur 5 par L’Institut Saint-Lô d’Agneaux, dans la Manche, si l’on en croit Ouest France. Selon le quotidien, les élèves de cet établissement privé ont reçu avec leur bulletin de notes un document qui condamne le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe. Lesquels élèves n’auraient pas été franchement ravis. Rue89 s’est procuré le document (lire: Dans une école privée: un tract anti-mariage gay avec les bulletins). Dans son interview à RTL Vincent Peillon évoque notamment que certains cas de «prosélytisme» lui ont été rapportés.


Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Vincent Peillon: «Ne faisons pas de prosélytisme à l’école»

Le ministre peut compter sur le soutien du principal syndicat enseignant, la FSU qui estime que:

«L’Enseignement catholique, qui bénéficie déjà de 7 milliards (d’euros) de subventions, doit respecter la neutralité de l’enseignement qui est dispensé dans le cadre des programmes officiels, tout comme le font les enseignants de l’école publique. C’est aussi à l’État de faire respecter ce devoir de neutralité à ceux qu’il subventionne, et le ministre est dans son rôle lorsqu’il rappelle l’Enseignement catholique à ses devoirs»

Photo Capture d’écran