[mise à jour, 5 janvier, 12h03] Ajout de la réaction d’Eric de Labarre.
[mise à jour, 15h30] Ajout de citations de la lettre de Vincent Peillon aux recteurs/trices.

En invitant les chefs d’établissements catholiques à prendre des initiatives locales pour s’opposer au projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe, «le secrétaire de l’enseignement catholique a commis une faute», considère Vincent Peillon qui s’est confié au Monde.fr aujourd’hui.

«PRINCIPE DE NEUTRALITÉ»
Le 14 décembre dernier, Éric de Labarre s’est fendu d’un courrier aux chefs d’établissement en les encourageant à se mobiliser contre l’égalité des droits. Cette prise de position a été critiquée par l’Inter-LGBT qui a interpellé le ministre de l’Éducation. Celui-ci a tranché: les recteurs/trices ont reçu un courrier les enjoignant à faire preuve de «la plus grande vigilance». «Il ne me semble pas opportun d’importer dans l’école le débat sur le mariage pour tous», a déclaré Vincent Peillon.

Dans sa lettre aux recteurs/trices rendue publique par Le Figaro, le ministre de l’Éducation nationale demande à ce que les agents du ministère soient attentifs aux «phénomènes de rejet de stigmatisation homophobes». Le gouvernement entend «s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités» et l’école doit à ce titre demeurer «un lieu de protection» qui préserve «les sensibilités et consciences de tous les jeunes de notre pays».

Que les écoles confessionnelles diffusent l’opinion des institutions religieuses auprès des jeunes et des enfants représente un risque aux yeux du ministre, a-t-il indiqué au Monde:

«N’oublions jamais que nous avons affaire à des adolescents et que les tentatives de suicide sont cinq fois plus fréquentes chez les jeunes qui se découvrent homosexuels que chez les autres.»

Vincent Peillon a en outre rappelé qu’au titre de leur contrat avec l’État, les établissements de l’enseignement catholique sont tenus de «respecter le principe de neutralité et de liberté de conscience de chacun».

«Il est hors de question de remettre en cause la neutralité de l’enseignement et le respect des programmes», a déclaré Eric de Labarre à l’AFP. «Il n’est pas question d’organiser spontanément des débats dans les classes avec les élèves, même si, lorsqu’il y a des questions posées par les jeunes et les enfants, le pire c’est évidemment de garder le silence (…) Nous n’appelons pas directement à participer à la manifestation» anti-égalité du 13 janvier mais à «l’éveil des consciences et à ce que chacun exerce librement sa responsabilité de simple citoyen. Encore faut-il que la conscience de chacun ait été alimentée, nourrie, éclairée, c’est la raison pour laquelle nous pensons que des débats entre adultes sont utiles et mêmes nécessaires».

Pour consulter le courrier envoyé par le ministre, cliquez sur Lettre de Vincent Peillon aux recteurs/trices.

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