Suite du cycle Tim Burton sur Arte. Après Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête, à 20h55, la chaîne propose, à 22h35, Sweeney Todd. L’action se déroule à Londres, à la fin du XIXe siècle. Benjamin Barker, un barbier, se voit injustement condamné par un juge qui convoite sa femme. Quinze ans après, Barker s’échappe et devient Sweeney Todd pour assouvir sa vengeance. Il va rencontrer sur son chemin Nelly Lovett, la vendeuse de tourtes – les plus mauvaises de Londres – qui a repris son échoppe. Ils vont tous les deux nouer un pacte macabre pour parvenir à leurs fins…

Lors de sa sortie, Sweeney Todd a dérouté un certain nombre des fans de l’univers Burton. Ce n’est pas le casting (Johnny Depp et Helena Bonham Carter en tête d’affiche), l’ambiance ou l’humour noir de l’ensemble, mais plutôt la musique qui a surpris les spectateurs de cette adaptation d’une comédie musicale de Hugh Wheeler et Stephen Sondheim, maître incontesté du genre aux États-Unis. La promotion française n’a pas beaucoup aidé: à aucun moment les bandes-annonces ne laissaient penser qu’il y avait des chansons. C’est vrai que les partitions de Stephen Sondheim sont exigeantes et les airs peut-être pas forcément abordables à première écoute. D’autant que la voix faiblarde d’Helena Bonham Carter (Johnny Depp s’en tirant mieux) ne facilitent pas les choses.

Mais pour peu qu’on se donne la peine de les écouter, des joyaux comme My Friends (lorsque Sweeney Todd retrouve ses rasoirs), Johanna ou Not While I’m Around vous trotteront longtemps dans la tête. Ajoutons que globalement Burton a plutôt bien réussi le passage du théâtre (on a pu voir l’œuvre en 2011 au Châtelet) au cinéma, même si les puristes regretteront peut-être une «burtonisation» excessive du tout ou la disparition de certaines chansons.

Au final, un film qui vaut beaucoup mieux que l’accueil timide qu’il a reçu.


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