En préalable à l’ouverture des débats sur le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe le 29 janvier prochain, la commission des lois de l’Assemblée Nationale a auditionné une série d’experts, de militants et de témoins favorables ou opposés au projet. Les auditions se sont déroulées du 8 novembre au 20 décembre. La plupart d’entre elles ont été filmées. Parce que ces échanges se sont révélés tout autant passionnants que historiques, Yagg vous propose de les revoir (ou de les voir).

Aujourd’hui, revenons sur les auditions du 15 novembre. Il s’agissait d’une table ronde autour de pédopsychiatres et psychanalystes. Avec les interventions de Stéphane Nadaud, Suzanne Heennen-Wolff, Jean Pierre Winter, Elizabeth Roudinesco, Pierre Levy-Soussan, Chritian Flavigny et Serge Héfez.

Contrairement à la semaine précédente, où les trois sociologues étaient favorables au projet de loi, cette fois-ci, on trouve trois opposants: l’inusable Jean-Pierre Winter, Pierre Levy-Soussan et Christian Flavigny.

Stéphane Nadaud a ouvert les débats en plaidant notamment pour que les psychanalystes se contentent de décrire ce qui est et non ce qui devrait être, Suzanne Heennen-Wolff a souligné que ce qui peut nuire à l’enfant, c’est la stigmatisation des homophobes (parfois venant des psychanalystes, précise-t-elle malicieusement) et non le fait d’être entouré de deux parents homosexuels. Jean-Pierre Winter, lui, a affirmé à nouveau que pour se construire l’enfant a besoin d’être élevé par deux parents de sexe différent ; Elisabeth Roudinesco a dénoncé ceux qui voudraient utiliser Freud pour s’opposer à l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels et dressé un parallèle étonnant entre l’homoparentalité et la relation entre Jean Valjean et Cosette ; Pierre Levy-Soussan s’en est pris à l’ouverture de l’adoption pour les couples homos, qu’il juge de nature à mettre en danger le bien-être de l’enfant ; Christian Flavigny a estimé que les revendications pour l’égalité sont le fait que quelques familles « militantes », qui ne sont « pas représentatives ». Serge Héfez enfin a mis en avant la « stabilité » de la famille plutôt que sa composition comme élément nécessaire à son développement et à l’établissement de son « roman familial ».

La yaggeuse Emilie Chauve a rédigé une synthèse des débats: Ce qu’en pensent les psys