Najat Vallaud-Belkacem n’a pas du tout aimé le déferlement homophobe sur Twitter le week-end dernier. Dans une tribune publiée par Le Monde vendredi 28 décembre, et intitulée «Twitter doit respecter les valeurs de la République», la ministre du Droit des Femmes annonce qu’une réunion avec le réseau social et les associations est prévue pour le 7 janvier prochain, afin «que l’entreprise Twitter puisse examiner les conditions de mise en place de dispositifs concourant à la lutte contre les infractions en matière de provocations ou d’injures.»

«CHARGE HAINEUSE AUSSI VIOLENTE QU’INACCEPTABLE»
Rappelant qu’avant la violence envers les personnes homosexuelles, il y avait eu il y a deux mois des vagues de propos antisémites et xénophobes sur le réseau de microbloging, la ministre demande que Twitter prenne ses responsabilités sans se défausser. «La liberté d’expression, qui constitue une de nos valeurs les plus précieuses, ne peut être impunément utilisée pour déverser, aux yeux de tous et sur quelques-uns, une charge haineuse aussi violente qu’inacceptable, aussi injuste et blessante qu’incompatible avec les valeurs fondamentales de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont celles de la République.»

PROCÉDURES D’ALERTE ET DE SÉCURITÉ
La réunion du 7 janvier, qui réunira le réseau social ainsi que les acteurs associatifs les plus concernés, a pour but «la mise en place de procédures d’alerte et de sécurité qui permettront que les évènements malheureux que nous avons connus ces dernières semaines ne se reproduisent plus.»

Mais sans attendre cette date, la ministre espère que Twitter ne restera pas les bras ballants: «Il doit déjà être possible d’agir pour supprimer les tweets manifestement illicites et, à tout le moins, en rendre l’accès impossible de sorte que les dommages déjà causés à l’endroit des personnes homosexuelles ne perdurent pas ou ne causent pas de troubles supplémentaires auprès de jeunes gens attirés par la publicité donnée à cette malheureuse histoire.»

Pour conclure, Najat Vallaud-Belkacem prône le dialogue avec Twitter afin que ce réseau social «demeure un instrument de progrès, au service de l’échange des idées, de la concorde et non un instrument de propagation de la haine raciste, xénophobe et homophobe que d’autres temps nous ont appris à craindre plus que tout.»

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