«Toutes les options individuelles n’ont pas à être instituées, au risque d’ébranler des références sociales aussi fondamentales que le mariage, union d’un homme et d’une femme, et la famille, cellule de base où la responsabilité éducative est exercée par un père et une mère», a écrit le 14 décembre dernier le secrétariat général de l’enseignement catholique aux responsables des 8300 établissements catholiques. Le secrétaire général Eric de Labarre (photo) et son adjoint s’opposent à l’égalité des droits et invitent «tous les éducateurs à une réflexion approfondie, animée par la recherche du bien commun et la vigilance à l’égard de toute simplification abusive».

TOLÉRANCE MAIS REJET
En adoptant une telle posture, les responsables de l’enseignement catholique n’ignorent pas qu’ils attaquent pêle-mêle les familles homoparentales et monoparentales. Ils/elles modèrent leur propos en précisant que «tous les enfants, quel que soit le milieu familial dans lequel ils grandissent» peuvent être accueillis. Mais cela ne les empêche pas de considérer que tout modèle alternatif au classique papa-maman-enfant est un frein «à la croissance harmonieuse de chaque jeune». C’est sur ce fondement que chaque chef d’établissement est appelé à prendre des initiatives au niveau local pour s’opposer au projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption.

«PROSÉLYTISME RÉACTIONNAIRE»
Pour les efFRONTé-e-s, un collectif féministe, «cette façon dont les religieux ne cessent de s’immiscer dans ce débat public et citoyen pour se rebeller contre un projet qui n’a d’autre tort que de remettre en cause leur modèle archaïque de la famille patriarcale hétéronormée» est simplement «inadmissible». «C’est d’autant plus scandaleux que ces établissements reçoivent toujours des financements publics et devraient donc s’abstenir de devenir des outils de prosélytisme réactionnaire», ajoutent les membres du collectif dans un communiqué. En 2011-2012, plus de 2 millions d’élèves ont été scolarisé-e-s dans des établissements catholiques.

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