Inter-LGBTDans un communiqué envoyé hier, samedi 22 décembre, l’Inter-LGBT «se félicite de la décision du groupe socialiste à l’Assemblée nationale de déposer un amendement au projet de loi “mariage pour tous” aux fins d’ouvrir la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux couples de femmes».

ENGAGEMENT DE CAMPAGNE
«L’ouverture de la PMA aux couples de femmes est un engagement de campagne du Président de la République, explique l’interassociative. Un engagement signé de sa main en réponse aux questions écrites posées par différentes associations de défense des droits des LGBT et réitéré publiquement – par la voix de Mme Najat Vallaud-Belkacem – lors du meeting Égalité LGBT 2012 organisé le 31 mars 2012 par la Fédération LGBT, la Coordination Inter-pride France et l’Inter-LGBT. Comme l’a rappelé Harlem Desir, premier secrétaire du Parti socialiste, le 16 décembre dernier lors de la Manifestation pour l’Égalité à Paris, il s’agit d’une mesure qui est inscrite depuis plusieurs années dans le programme du Parti Socialiste. Un programme et des engagements présidentiels sur la base desquels se sont fait élire les 10 et 17 juin dernier les députés socialistes qui composent aujourd’hui la majorité parlementaire à l’Assemblée nationale. Ces engagements sont d’ailleurs partagés par d’autres formations de la gauche parlementaire (EELV et Front de Gauche).»

UNE MÉTHODE D’AIDE À LA PROCRÉATION ACTÉE EN 1994
Lors des débats sur les premières lois de bioéthique de 1994, «il a été décidé alors qu’il n’y avait pas d’opposition à ce que [la PMA] soit mise en œuvre en France, insiste le texte. La rupture du lien entre sexualité et procréation a donc été actée en 1994 – et l’ouverture de la PMA aux couples de femmes n’en est qu’un prolongement légitime qui ne remet aucunement en cause la décision prise à l’époque. Il serait hypocrite de reconnaître, dans le cadre du projet de loi, la double filiation maternelle via l’adoption et de ne pas l’étendre à la PMA pour les couples de femmes.»

L’Inter-LGBT soutient donc la position de Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l’Assemblée, et exige que la PMA soit intégrée dans le projet de loi sur le mariage pour tous, et non renvoyée à une future (et hypothétique) loi de bioéthique: «Son intégration est cohérente, dans le sens où ce texte est un texte d’égalité qui  apporte une reconnaissance juridique aux familles homoparentales – et sécurise les enfants vivant en leur sein. Il s’agit donc d’y ajouter une mesure d’égalité entre les couples hétérosexuels inféconds – qui ont déjà accès à la PMA dans le cadre de leur projet parental – et les couples homosexuels inféconds qui sont dans une démarche similaire».

«ÉGALITÉ COMPLÈTE»
Et de conclure: «Depuis juin dernier, les lignes bougent au sein du gouvernement comme au sein de la majorité parlementaire. Il apparaît de plus en plus évident qu’il n’y aura pas de “seconde loi” dans la mandature sur le sujet. Le législateur doit se saisir de cette occasion unique pour réaliser l’égalité complète». Une «égalité complète» qui omet néanmoins la question du changement d’état civil des trans’.

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