Dans son programme pour l’élection présidentielle et pour les élections législatives, le Front de gauche se montrait en pointe sur l’égalité des droits. La procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes y était clairement mentionnée, par exemple. Pourtant, André Chassaigne (photo), le chef du groupe Gauche démocratique et républicaine à l’Assemblée nationale (qui réunit les députés du Parti communiste et du Parti de gauche, soit le Front de gauche),  a émis quelques réserves à ce sujet hier.

OUI AU MARIAGE, PAS TOUT DE SUITE POUR LA PMA
Pour le député, la loi sur l’ouverture du mariage ne pose pas de problème. En revanche, il estime qu’il ne faut pas y adjoindre l’amendement PMA: «On touche au registre de la bioéthique, et on risque de créer un clivage plutôt que d’avancer, explique-t-il. Mon avis, qui est largement partagé par les députés du Front de gauche, c’est que ça ne soit pas inscrit dans cette loi-là. Ça ne veut pas dire qu’on est a priori opposés, mais on estime qu’il y a des questionnements qui méritent une réflexion approfondie d’un autre ordre qu’une évolution du droit.»

«TOUT LE PROGRAMME, RIEN QUE LE PROGRAMME»
Contacté par Yagg, le Front de gauche fait entendre un autre son de cloche. Les député-e-s du parti sont appelés à appliquer «tout le programme, rien que le programme» et la PMA en fait partie. «Nous avons des exigences vis-à-vis de François Hollande, mais nos députés sont eux aussi nos ayants droit de la victoire», analyse Pascale Le Neouannic, secrétaire nationale aux libertés, aux institutions et à la laïcité du Parti de gauche.

Le projet initial du Front de gauche était même de faire voter une grande loi sur l’égalité dès l’été 2012. La date du 4 août avait été retenue en hommage à la nuit du 4 août 1789 qui avait vu la fin des privilèges et du système féodal. Et il n’était pas question de renvoyer la PMA à une autre date: «Découper en morceaux, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux», estime Pascale Le Neouannic. Pour l’heure, le Front de gauche prévoit de réunir tou-te-s ses parlementaires à la rentrée et de leur faire parvenir un courrier.

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