Elisabeth Badinter (philosophe), Irène Théry (sociologue), Geneviève Delaisi de Parseval (psychanalyste), Maurice Godelier (anthropologue), Martine Gross (sociologue), Sylvie et Dominique Mennesson (coprésidents de l’association Clara –Comité de soutien pour la légalisation de la GPA et l’Aide à la reproduction assistée), Israël Nisand (gynécologue obstétricien), Serge Portelli (vice-président du Tribunal de Paris), Alexandre Urwicz (coprésident de l’ADFH) répondent à la tribune de plusieurs militantes féministes – Yvette Roudy (ministre des Droits de la femme de 1981 à 1986), Thalia Breton et Amandine Miguel (Osez le féminisme), Carine Delahaie (directrice de publication de Clara Magazine), Carine Favier (présidente du Planning familial), Catherine Morin Le Sech (Coordination Lesbienne en France), Sabine Salmon (Femmes solidaires) et Olga Trotiansky (Laboratoire de l’égalité) –, publiée le 12 décembre et dans laquelle elles réclamaient l’inclusion de la procréation médicalement assistée (PMA) dans le projet de loi sur le mariage pour tous mais mettaient en garde contre «les fallacieux amalgames entre PMA et GPA (gestation pour autrui ou “mères porteuses”»).

«Un groupe de personnes se réclamant du féminisme a pris le parti de diviser les couples homosexuels et de désigner des boucs émissaires en opposant gestation pour autrui (GPA) et procréation médicalement assistée (PMA)», s’insurgent les signataires.

«Pourquoi tant d’amalgames alors que nul ne demande que la légalisation de la GPA en France soit inscrite dans le projet de loi?», soulignent-elles/ils, rappelant que la GPA est «une pratique reconnue comme partie intégrante de la PMA par l’Organisation mondiale de la santé [qui] mérite à l’avenir un débat informé et serein».

«Ce débat devra dénoncer avec force tous les cas où des femmes sans droits, poussées par le besoin dans les griffes d’intermédiaires sans scrupules, sont privées de leur pouvoir de décision et interdites de toute relation avec les couples pour lesquels elles portent un enfant, insiste le texte. Mais ce débat devra aussi permettre une analyse approfondie des pratiques dans les pays où le cadre légal de la GPA repose sur le respect des valeurs et des droits fondamentaux. Il devra faire connaître à nos concitoyens la réalité de ces GPA éthiques qui sont aussi contraires à la marchandisation des femmes que l’adoption est contraire aux enlèvements d’enfants, et le don d’organes au trafic d’organes.»

Les signataires de la tribune s’inquiètent aussi du sort réservé aux enfants né-e-s par GPA à l’étranger:

«Aujourd’hui, ces enfants sont les petits fantômes de notre République alors que leurs parents sont français. Combien de temps va-t-on continuer à refuser l’état civil à certains enfants à cause de leur origine procréative? La France ne saurait accorder plus ou moins de droits à un enfant en fonction de son mode de conception.»

Sur Le Monde.fr.