Des militant-e-s de l’égalité des droits ont manifesté près de la place Saint-Pierre, à Rome, dimanche 16 décembre, pendant le traditionnel Angelus du troisième dimanche de l’Avent.

Ils et elles protestaient contre les déclarations du pape Benoît XVI, vendredi 14 décembre, dans son message pour la célébration de la Journée mondiale de la Paix du 1er janvier. Il y dénonce notamment l’avortement, l’euthanasie et le mariage pour tous. «La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable, affirme-t-il.

«Ces principes ne sont pas des vérités de foi; ils ne sont pas non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Église en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. Cette action est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix.»

Parmi les slogans des manifestant-e-s pro-mariage pour tous (qui n’ont pas été autorisé-e-s à accéder à la place Saint-Pierre): «Je suis lesbienne, je ne suis pas un danger», «Les mariages homos [sic] ne mettent pas la paix en danger. Les armes si».



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Coïncidence? C’est aussi le 14 décembre que Témoignage chrétien, l’un des derniers journaux de la Résistance encore en vie, s’est prononcé pour le mariage pour tous les couples.

«Le mariage est un contrat choisi par des personnes plus libres et consentantes aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été. (…) Refuser ce contrat aux homosexuels serait rajouter une énième discrimination à celles dont ils ont été trop souvent l’objet. Voilà pourquoi nous considérons juste qu’il soit ouvert à celles et ceux qui veulent donner un cadre licite renforcé à leur union. Il appartiendra aux confessions de réfléchir au sens du mariage religieux mais ce serait une grave faute politique de dresser l’un contre l’autre.

«Plutôt que de s’interroger abstraitement sur les prétendus désordres anthropologiques d’une ouverture du mariage à une partie forcement réduite de la population, ne ferait-on pas mieux de mettre tous nos efforts sur le désordre anthropologique, bien réel cette fois, d’une société dont les formes de consommation, de production et de partage sont si peu respectueuses de la personne humaine et de sa dignité?»

Via Gay.it.

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