Il est peut-être Défenseur des Droits, Dominique Baudis n’en reste pas moins un homme de droite. Auditionné par la commission des lois sur le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption à tous les couples, hier matin, l’ancien maire de Toulouse et député européen UMP s’est inquiété de «nombreuses incertitudes juridiques préjudiciables» à «tous les enfants».

UNE MÉTHODE CONTESTABLE?
«La réserve que je formule porte sur la méthode d’élaboration du projet de loi», a-t-il affirmé, précisant: «on part de revendications exprimées par les adultes (…) la question des enfants n’est traitée que par voie de conséquence.»

«Certes, les enfants élevés par un couple homosexuel vont trouver un cadre juridique préférable à la situation actuelle mais très incertain au regard des attentes de leurs parents qui appellent plus de clarté. (…) Bien que les situations conjugales et parentales de tous les époux, qu’ils soient de même sexe ou de sexe différent, ne soient pas en tous points identiques, le projet s’efforce de les confondre en les traitant dans les mêmes articles et dans les mêmes termes.»

«PAS D’INCERTITUDES JURIDIQUES»
Sur le site du Nouvel Observateur, l’avocate Caroline Mécary, spécialiste, notamment, des questions d’homoparentalité, qui vient de publier L’amour et la loi, réfute ces allégations. «Dominique Baudis procède par affirmation générale, répond-elle. Contrairement à ce qu’il dit, le projet de loi se préoccupe totalement des enfants et de leur sécurité juridique. Ils seront protégés de la même manière que les enfants de parents hétérosexuels.»

«Il n’existe pas [d’incertitudes juridiques]. Il aurait mieux fait d’écouter les anthropologues ou philosophes sur la question, comme Elisabeth Badinter. Ce texte de loi n’enlève rien aux couples hétérosexuels. Il permettra aux homosexuels de se marier, de divorcer s’il le faut. (…) Il n’y a pas de hiérarchie entre l’intérêt des enfants et celui des adultes. Le projet de loi pense aux deux.»

Le reportage d’i>Télé:

Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez sur Mariage gay: le “oui mais” de Dominique Baudis

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