Dominique Bertinotti ne sera pas à la manifestation pour l’égalité dimanche 16 décembre, mais comme elle l’a expliqué à Christophe Barbier sur i>Télé ce matin, elle montrera son soutien au projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe (dont elle est co-auteure, avec Christiane Taubira) «d’une autre façon»: «en invitant des familles homoparentales au ministère de la Famille autour d’un buffet dimanche midi».

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«Je suis ministre des familles, de toutes les familles», a-t-elle rappelé, ajoutant: «Cette loi est une avancée pour tous, et va permettre une sécurisation juridique de nombre d’enfants qui vivent déjà dans des familles homoparentales. Que l’on prenne le chiffre de 30000 ou de 300000, cela veut dire qu’il y a aujourd’hui des enfants qui ont besoin d’un supplément de sécurisation juridique, pour tout simplement leur bon développement, leur bien-être et aussi rassurer les parents.»

La ministre répond aussi à Dominique Baudis, qui s’inquiète de la rédaction du projet de loi (lire Mariage pour tous: Caroline Mécary répond à Dominique Baudis): «Je fais confiance à la Garde des Sceaux pour avoir fait en sorte qu’il y ait beaucoup de protections qui soient assurées dans la diversité des cas qui peuvent se présenter.»

L’examen de l’ouverture du mariage aux couples homos et de la reconnaissance de l’homoparentalité met en exergue des questions que l’on ne se pose pas nécessairement par ailleurs. Ainsi de l’accès aux origines: «Je pense qu’un enfant a droit à la connaissance de son histoire, de toute son histoire, dit Dominique Bertinotti. (…) Pourquoi voudriez-vous qu’on fasse une distinction parce que simplement les parents seraient hétérosexuels ou homosexuels?»

La procréation médicalement assistée, si elle est ouverte aux couples lesbiens, restera néanmoins anonyme. Sera-t-elle remboursée par la sécurité sociale? Dominique Bertinotti rappelle qu’il faut d’abord que l’amendement soit déposé, puisque la PMA n’est pas prévue par le texte du gouvernement, mais précise:

«On est bien sur une loi d’égalité: mêmes droits, mêmes devoirs.»

Quid de la gestation pour autrui, demande alors Christophe Barbier. Réponse: «Aujourd’hui, la gestation pour autrui est totalement interdite en France, que ce soit pour les couples hétérosexuels ou a fortiori les couples homosexuels (…) le débat est d’une autre nature puisque là vous avez, dans le processus de la gestation pour autrui, l’implication totale d’un tiers et une notion de marchandisation». Et de souligner:

«Je rappelle que François Hollande a dit très clairement qu’il était hostile à la gestation pour autrui. Il n’y aura pas de débat sur la gestation pour autrui.»

Sur les églises qui se plaignent de ne pas être assez écoutées (non, ce n’est pas une blague): «Les églises ont à la fois reçues par Christiane Taubira et moi-même, les églises ont été reçues par les parlementaires qui mènent à l’heure actuelle des auditions, je pense que nous avons compris leurs prises de position».

Quant à Frigide Barjot, qui a demandé la protection de la police parce qu’elle se sent menacée par le «lobby» LGBT, elle devrait l’être, selon la ministre de la Famille: «Il faut toujours protéger nos concitoyens».

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